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Ce mercredi soir, l’émission Coûte que coûte : le bureau des arnaques s’intéresse à un stratagème redoutable utilisé par des escrocs pour acheter des voitures bien en dessous de leur valeur réelle. Le mode opératoire est bien rodé : pendant qu’un faux acheteur détourne l’attention du vendeur, un complice ouvre discrètement le capot. Quelques instants plus tard, un troisième complice verse un liquide dans le vase d’expansion du moteur.
Résultat ? À la reprise de l’essai du véhicule, une épaisse fumée blanche s’échappe, simulant une panne sérieuse du type « joint de culasse cassé ». Pris au dépourvu, le vendeur croit sa voiture endommagée et accepte de la céder à un prix dérisoire. Une victime a ainsi vu le prix de sa BMW X5 chuter de 5.000 à 500 euros en quelques minutes. La faute à ce qui semblait être une casse moteur… mais qui ne l’était pas.
Une panne en apparence grave
« Ce récipient est fait pour absorber les variations de volume d’eau du circuit de refroidissement, pas pour contenir de l’huile », explique Benjamin Maréchal, « mais en réalité, la voiture n’est pas cassée. Une simple vidange chez un garagiste suffit à tout remettre en ordre. » Le piège repose donc avant tout sur l’ignorance mécanique du vendeur, pris de court par ce qu’il croit être une panne majeure.
L’escroquerie se produit le plus souvent sur des parkings de supermarchés, lors de rendez-vous de vente entre particuliers, un terrain propice aux manipulations discrètes.
Autre élément exploité par les arnaqueurs : le Car-Pass, ce certificat belge exigé lors de la revente d’un véhicule, ne tient pas compte de certains éléments mécaniques. « En Belgique, quand on revend sa voiture, on doit avoir le fameux Car-Pass du contrôle technique qui analyse et qui garantit une certaine série de points. Sauf que le Car-Pass ne s’intéresse pas au vase d’expansion », explique Benjamin Maréchal. « Et donc effectivement, vous n’avez pas la garantie devant le faux acheteur que votre voiture est en parfait état de vase d’expansion puisque ce n’est pas contrôlé. »
Le carnet d’entretien, seul repère face à l’arnaque
Cette affaire met en lumière une difficulté majeure pour les vendeurs : comment déterminer un prix juste sans être vulnérable à une arnaque ? « C’est ça l’enjeu, c’est jusqu’où je peux descendre mon prix sans me faire arnaquer », explique Benjamin Maréchal. « Malheureusement, en Belgique, il n’y a pas un argus, il n’y a pas un cours officiel de la voiture d’occasion. Ce serait plus facile, évidemment, si on pouvait dire : écoutez, ma voiture, elle vaut autant. Non ? Il n’y a rien d’officiel. »
Face à ce flou, un seul élément fait office de repère : « La vraie valeur du véhicule en Belgique, c’est malheureusement la valeur du marché », précise-t-il. « Et le carnet d’entretien, faites très attention à la voiture et à avoir un carnet d’entretien en ordre, car c’est l’état de votre véhicule qui va conditionner le prix. Donc même s’il y a une petite panne de joint de culasse ou un problème de vidange, c’est le carnet d’entretien qui est la valeur référence. »
Les conseils de Benjamin Maréchal sont à découvrir en streaming sur RTL play et chaque mercredi à 19h50 sur RTL tvi.















