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« Nous avons été clairement ciblés » : Bernard Quintin s’exprime en direct sur la crise des drones

par RTL info
La Belgique a été survolée par des drones, hier. Le ministre de l’Intérieur était présent sur le plateau du RTL info 19h pour réagir à ces faits.

L’espace aérien au-dessus de la Belgique a dû être fermé pendant plusieurs heures dans la nuit de mardi à mercredi après des signalements de drones aux abords de grands aéroports, une multiplication de ces survols suspects qui préoccupe les autorités.

Skeyes, société chargée du contrôle aérien en Belgique, a dû interrompre tout le trafic au-dessus du pays à deux reprises mardi soir, vers 20H00 puis de nouveau à 22H00, après deux signalements successifs de drones aux abords des aéroports de Bruxelles-Zaventem et de Liège.

Invité sur le plateau du RTL info 19h, le ministre de l’Intérieur Bernard Quintin est revenu sur ces faits.

Qu’attendez-vous du Conseil de sécurité prévu demain ?

J’ai demandé au Premier ministre de réunir le Conseil National de Sécurité qu’il préside et ce qu’il a évidemment tout de suite accepté de faire pour que nous puissions, avec les membres du gouvernement qui sont membres du Conseil National de Sécurité, écouter l’analyse des services, des différents services de sécurité qui sont impliqués, avec le Centre National de Crise qui est à la coordination pour ce genre d’événements et qui, comme vous le savez, est sous ma tutelle, et pour qu’on puisse écouter leur analyse et dégager des pistes d’action qui soient des pistes raisonnables et raisonnées.

Est-ce que la Belgique pourrait y décider, par exemple demain, d’invoquer l’article 4 de l’OTAN comme l’avait fait la Pologne, c’est-à-dire demander l’assistance de l’Alliance Atlantique ?

Ce n’est pas à l’ordre du jour. On n’en est pas là, rien n’est exclu dans l’avenir. C’est pour ça que nous avons un traité avec un certain nombre d’articles que nous pouvons activer. Mais nous n’en sommes pas là. Je veux aussi envoyer un message clair : j’appelle au calme. La situation d’hier est une situation préoccupante, nous la prenons très au sérieux et les analyses et les enquêtes sont en cours pour voir d’où venaient ces drones.

Je partage l’avis de mon collègue de la Défense : il y a là une action coordonnée. Il y a plusieurs dizaines de drones qui ont été repérés. Il faut faire une analyse fine de ces drones.

On évoque la Russie, éventuellement, qui sera à l’origine de ces survols. C’est aussi votre sentiment à vous ?

L’ancien ministre des Affaires étrangères que je suis ne va pas se prononcer aujourd’hui. Les services sont prudents. Je le serai aussi. C’est ce que disent les services de sécurité : ils disent que c’est probable. Je dirais la même chose qu’eux. Nous savons que nous avons, dans la situation géopolitique actuelle, des amis, et, il faut oser le dire, des ennemis.

Cela pourrait être lié à la récente passe d’armes qu’on a connue entre Théo Francken et Dimitri Medvedev, notamment sur les réseaux sociaux. Moscou pourrait avoir pris ça comme une provocation ?

Je crois qu’il faut être prudent dans son expression publique par rapport à la situation dans laquelle nous sommes. La Belgique est dans un collimateur par rapport à ce qui peut se passer au niveau européen aussi. On a parlé de situation des biens immobilisés et tout ça, ce sont des situations connues. Nous ne sommes pas non plus les seuls à faire les frais de ce genre d’action. Vous vous souviendrez qu’il y a quelques semaines et quelques mois, les aéroports de Schiphol, au Danemark, en Allemagne, ont subi le même type d’action avec le même type de résultat, la fermeture des aéroports.

Ce soir, la Belgique n’est donc pas une cible privilégiée ?

Ce n’est pas la seule, en tout cas. Mais je ne minimise pas ce qui s’est passé hier, nous avons clairement été ciblés, il faut maintenant vraiment analyser ça, à tête froide, pour vraiment garder le calme pour prendre les bonnes décisions, pour s’attaquer à ce phénomène de manière résolue.

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