Accueil Actu Belgique Société

« Au départ, on les soignait à même l’usine » : la Belgique est une référence en Europe en matière de grands brûlés

par RTL info avec Charlotte Simonart et Alexandre D’Haeseleer
Le jeune Zakaria, rescapé du drame de Crans-Montana, est actuellement soigné à l’hôpital militaire de Neder-Over-Heembeek, spécialisé dans la prise en charge des grands brûlés. En Belgique, il existe six centres de ce type. Ce qui fait d’ailleurs de notre pays une référence en Europe. Mais pourquoi la Belgique a-t-elle développé cette expertise ?

Au lendemain de l’incendie du Constellation à Crans-Montana, la Belgique a accueilli sept grands brûlés, dispatchés dans les différents centres spécialisés du pays. La Belgique, véritable référence en la matière, qui joue un rôle central en Europe dans la prise en charge de ces patients.

L’expertise belge dans le traitement des grands brûlés trouve son origine dans les grands bassins industriels (charbonnage, métallurgie), et les accidents de travail de l’époque. En effet, au 20e siècle, la Belgique est portée par ses industries, notamment la sidérurgie et le charbon.

Des accidents de travail comme point de départ

Mais ces industries sont le théâtre de nombreux accidents de travail, engendrant les premiers grands brûlés à traiter. C’est ainsi que naît l’expérience belge.

« C’était vraiment de très grands brûlés, ils avaient peu de protection comme on a maintenant et donc ils étaient beaucoup plus exposés. Au départ, on les soignait même à même l’usine, et puis progressivement on a construit ces hôpitaux », raconte Jonathan Goffoy, infirmier en chef au Centre des grands brûlés du CHU de Liège.

Une densité qui fait la renommée belge

Des chirurgiens se forment alors en brulologie dès les années 70.

Depuis, six centres de traitement de grands brûlés ont vu le jour. Une densité parmi les plus élevée d’Europe qui fait aussi l’exception belge. Aujourd’hui, la Belgique se distingue en effet par le nombre de centres spécialisés et de lits disponibles sur un si petit territoire.

« Il y a trois centres au nord du pays, un à l’hôpital militaire et deux en Wallonie, Charleroi et Liège. On a un peu plus de 60 lits spécialisés pour 11 millions d’habitants. Si je compare avec les Pays-Bas, il y a 45 lits pour 16 millions », souligne Jonathan Goffoy.

Approche pluridisciplinaire et rapidité d’action

Autre atout des spécialistes belges, l’approche pluridisciplinaire dans la prise en charge du patient. « Ce sont des médecins, des anesthésistes, des chirurgiens, des infirmiers et toute cette équipe va collaborer pour apporter les soins aux patients. Ça va permettre de détacher les meilleurs traitements pour le patient très rapidement », explique Jean-Philippe Fauville, anesthésiste et intensiviste au Centre des grands brûlés du CHU de Liège.

Mais aussi la rapidité d’action, qui est un facteur capital pour la survie des grands brûlés.

« La pathologie des brûlés est pro-inflammatoire et donc le fait d’aller rapidement exciser la peau va permettre de calmer cette inflammation. Notre bloc laboratoire se trouve au sein de l’unité, et donc on va pouvoir proposer très rapidement les opérations aux patients qui en nécessitent », affirme Jean-Philippe Fauville.

Depuis 2022, la Belgique est reconnue officiellement par l’Europe comme pôle de référence pour la prise en charge des grands brûlés. Notre pays est chargé de coordonner les interventions en cas de catastrophe dans un pays membre. L’Europe anticipe en fait une hausse des besoins dans un monde de plus en plus instable.

Contenus sponsorisés

À la une

Les plus lus