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« On est officiellement en temps de paix, mais on est dans une crise » : une générale de l’armée belge analyse la situation actuelle

par RTL info
La générale de brigade Katrien D’Hert, chargée de toute la logistique au sein de l’armée belge, livre une analyse franche des défis sécuritaires actuels en Europe. Entre paix officielle et menaces hybrides bien réelles, elle plaide pour une redéfinition des notions classiques de temps de guerre et de temps de paix.

Sommes-nous en temps de paix ou en temps de guerre ? Officiellement, la réponse est claire : nous sommes en paix. Mais la réalité, elle, est tout autre. « On est dans une crise », affirme la générale Katrien D’Hert, invitée de Martin Buxant ce jeudi matin sur bel RTL.

Et c’est là tout l’enjeu : créer une nouvelle définition, une sorte d’état intermédiaire, qui offrirait davantage de flexibilité au monde militaire pour se préparer et agir rapidement si la situation l’exige.

« L’Europe ne connaît que deux états : le temps de paix et le temps de guerre. Ces définitions sont issues d’une vision très classique du conflit, centrée sur la guerre conventionnelle. Mais tout le monde voit bien dans quel contexte mondial nous vivons aujourd’hui », souligne la militaire en charge de toute la logistique de notre défense. C’est l’une des trois seules femmes avec le grade de générale au sein de l’armée belge.

Avant même de pouvoir combattre, il faut réussir à acheminer nos forces

D’après elle, la préparation militaire reste donc un défi majeur. « Ce qu’on cherche à trouver, c’est de pouvoir définir quelque part une sorte de situation de crise qui donnerait un peu plus de flexibilité au monde militaire pour se préparer et pour agir lorsque c’est nécessaire », explique Katrien D’Hert. « Je dis toujours : we still have to fight to get to the fight. Avant même de pouvoir combattre, il faut réussir à acheminer nos forces », ajoute-t-elle. Une problématique cruciale si des troupes alliées devaient transiter massivement par la Belgique.

150.000 véhicules pourraient traverser notre pays

Un scénario a déjà été envisagé : 150.000 véhicules pourraient traverser notre pays en cas de déploiement militaire à grande échelle. Ce qui créerait un embouteillage du port d’Anvers jusqu’à Varsovie. Ce chiffre correspond à environ 75 brigades, soit une énorme logistique en hommes, véhicules, containers et équipements divers. « Mais un tel déploiement se ferait forcément par phases », précise la générale. Et une partie des troupes alliées est déjà prépositionnée, y compris en Belgique.

L’acheminement se ferait par différentes voies à travers l’Europe : la Belgique, mais aussi les Pays-Bas, la France et le sud du continent seraient impliqués. « Les troupes venant du Canada, de l’Angleterre ou des États-Unis transiteraient principalement par ces pays », indique Katrien D’Hert.

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