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Christelle est une des nombreuses bénéficiaires du CPAS d’Anderlecht qui a subi des retards de paiement de la part de l’institution. « J’avais deux mois de retard de paiement. Parce qu’il n’y avait pas d’assistance sociale. Ils s’en foutent. Il faut attendre. Il n’y a pas d’assistance sociale. Comment je fais pour manger ? Si j’ai des animaux, je fais comment ? Pour payer mes paiements, à la limite il y a moyen de trouver des arrangements. Mais pour manger… », déplore la femme.
Christelle touchait normalement 1300 euros par moi de la part du CPAS. « Quand mon dossier a été enfin accepté, le CPS m’a payé ce qu’il me devait les deux mois d’un coup », décrit-elle. Sa situation a été régularisée, mais ce n’est pas le cas de tout le monde. Sans revenus pendant parfois un an, des bénéficiaires attaquent le CPAS en justice.
« 99 % »
Catherine Legein, avocate au Barreau de Bruxelles affirme défendre énormément de cas. « Je dois avoir défendu entre 150 et 200 personnes. Et là, pour le moment, je refuse tous les jours 3 à 4 dossiers. Parce que ce n’est pas possible de continuer à cette cadence-là. C’est absolument impossible », développe l’avocate qui avoue gagner « 99 % » des dossiers. « On leur retire l’aide. Mais il n’y a aucune raison de la retirer. Par exemple, j’ai eu un étudiant qui n’a pas pu payer son minerval à temps. Il n’a pas pu faire son année académique. Il a perdu un an d’études. », poursuit Catherine.
Au CPAS d’Anderlecht, le manque de personnel et la demande importante inquiètent, tout comme les assistants sociaux qui sont tentés de travailler en dehors de Bruxelles, là où le salaire serait 15 % plus élevé en Flandre ou en Wallonie. « Pour que ça puisse tourner convenablement, il nous en faudrait une dizaine en plus. Aujourd’hui, depuis le mois de septembre, on a pu engager six nouveaux assistants sociaux qui sont en fin de formation. Ils seront opérationnels probablement d’ici une quinzaine de jours. Il y a un nouvel engagement qui va se faire également le 1er décembre, donc c’est assez encourageant. », détaille Guy Wilmart, président du CPAS d’Anderlecht.
Une réforme du chômage qui fait peur
Avec la réforme du chômage, la commune d’Anderlecht s’attend à une inscription de 4600 nouvelles personnes au CPAS, ce qui inquiète les syndicats. « Nos salles d’attente ne sont pas habilitées, notre personnel d’accueil est très limité, nos assistants sociaux ne sont pas en nombre. Comment voulez-vous qu’on traite les milliers de dossiers qui vont nous tomber sur la tête ? Je pense que cela va être une maltraitance administrative des deux côtés. », explique Sophie Faut, présidente régionale du SLFP-ALR.















