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Sur les étiquettes, le drapeau belge se fait discret. « Celui-ci, l’origine est Allemagne », affirme une consommatrice. « Celui-là vient des Pays-Bas, je viens de m’en apercevoir », renchérit une autre. « Dans la famille, on essaie de manger belge, mais c’est difficile. Vous voyez les poulets, vous voyez le reste, vous ne savez pas d’où ça vient », déplore encore une autre consommatrice.
En Wallonie, un poulet sur deux est importé. Et la raison est simple : nous consommons deux fois plus de volaille que nous en produisons. Résultat : on retrouve dans nos assiettes des poulets issus de Flandre, mais aussi des Pays-Bas et de Pologne. Ce dernier étant le premier exportateur européen en la matière.
La transparence n’est pas toujours une obligation
« Ce qu’on sait aussi, c’est que certains pays voisins européens importent eux-mêmes depuis des pays tiers et nous les renvoient après », explique Thomas Demonty, conseiller en productions animales pour la Fédération wallonne de l’agriculture (FWA).
Côté surgelé, ça se complique. Pour certains produits, par exemple, impossible de trouver l’origine du poulet. Et ce n’est pas une erreur, car en Europe, indiquer la provenance d’un produit transformé n’est pas toujours obligatoire.
La viande contenue dans ces nuggets, par exemple, pourrait donc provenir d’Ukraine ou même d’Amérique du Sud. Elle est produite dans des exploitations à échelle industrielle, où jusqu’à 600.000 poulets peuvent être rassemblés au même endroit.
Des coûts moindres
« Ces importations-là sont beaucoup moins chères », affirme Thomas Demonty. « Pourquoi ? Parce que les coûts de production là-bas, dans ces pays hors Union européenne, sont beaucoup moins chers. Ils n’ont pas les mêmes normes sociales. Ils n’ont pas les mêmes coûts des matières premières », poursuit-il.
En effet, ces exploitations ne sont pas soumises aux mêmes règles que celles en vigueur en Europe. La qualité sanitaire n’est donc pas garantie.
Qualité et prix
Pour consommer un poulet 100 % wallon, il n’y a qu’une seule solution : mettre le prix. « C’est 15 euros du kilo pour l’élevage intérieur au sol, et 21 à 24 euros pour l’élevage extérieur. Il y a quand même une qualité à payer », confirme Christophe Melin, propriétaire d’une rôtisserie.
En Wallonie, le nombre d’élevages de volailles a augmenté de 40 % en 10 ans, mais la production reste insuffisante. Les projets de poulailler impliquent de lourdes démarches et se heurtent souvent à l’opposition du politique ou des riverains.
















