Accueil Actu RTL info Conso

« Jusqu’à quatre fois plus cher » : quelle est cette pratique qui peut faire exploser le prix d’une consultation chez le médecin ?

par RTL info
Entre médecins conventionnés, suppléments d’honoraires et chambres individuelles, la facture des soins de santé peut grimper très vite en Belgique. Dans certains cas, elle peut même être multipliée par quatre. Comment éviter les mauvaises surprises ?

Ce mercredi, l’émission Coûte que coûte s’intéresse à un sujet qui touche chaque Belge : le coût des soins de santé. Car si se faire soigner est un droit, c’est aussi devenu, pour beaucoup, une source d’angoisse financière.

À l’hôpital, en cabinet ou chez le dentiste, la douloureuse n’a jamais aussi bien porté son nom. Et derrière les remboursements de l’assurance maladie, il reste toujours une part à payer : le ticket modérateur, qui devient parfois trop lourd à supporter.

Selon une récente étude de la mutualité Solidaris, plus de 4 patients sur 10 ont déjà renoncé à un soin par manque de moyens.« C’est un chiffre qui doit tous nous interpeller », alerte Brieux Wathelet, coordinateur politique chez Solidaris. « Ça veut dire qu’aujourd’hui encore, au XXIᵉ siècle, la santé, la première ligne, n’est pas accessible à tout le monde. »

Un système sous pression

Les patients paient davantage de leur poche, notamment à cause des suppléments d’honoraires demandés par de nombreux médecins non conventionnés. Pourquoi ces honoraires plus élevés ? Les médecins pointent des coûts d’exploitation de plus en plus importants, notamment à cause des investissements technologiques.

C’est le cas de Nathalie Delbrassine, ophtalmologue : « Je demande 80 euros par consultation. Si j’étais conventionnée, je devrais demander 37 euros. Avec ce montant-là, dans un cabinet comme le mien, ce n’est pas viable. Je sais à peine payer ma secrétaire. Les investissements, c’est impossible. » Et d’ajouter : « Ne pas investir dans ce type de matériel, c’est faire de l’ophtalmologie de piètre qualité, comme il y a 50 ans. »

Conventionné ou pas : une différence cruciale

Dans bien des cas, la différence de prix peut aller jusqu’à 4 fois plus cher, selon que le médecin est conventionné ou non. C’est donc le tout premier réflexe à avoir avant de consulter : vérifier si le médecin applique les tarifs fixés par l’accord médico-mutualiste.

« Être conventionné, c’est avoir accepté l’accord médico-mutualiste, qui fixe les tarifs des consultations », explique Marc Blaimont, chef du service de cardiologie au CHU HELORA. À l’inverse, un médecin non conventionné est libre de fixer ses honoraires, sans aucune limite. « Ce n’est pas 10 ou 30 %, c’est parfois deux, trois ou même quatre fois plus cher qu’un médecin conventionné », souligne-t-il.

Autre subtilité peu connue du grand public : un médecin peut être partiellement conventionné, selon le moment ou l’endroit.« On peut adhérer à la convention médico-mutualiste de manière partielle », confirme Marc Blaimont.

En clair, un médecin peut être conventionné le matin… et non conventionné l’après-midi, ou selon qu’il consulte en hôpital ou en cabinet privé. Et c’est parfaitement légal, tant que l’information est clairement communiquée au patient. « Les médecins sont tenus de prévenir s’ils appliquent des honoraires conventionnés ou non. C’est une obligation légale. »

Plus cher ne veut pas dire meilleur

« Il n’y a pas vraiment de corrélation entre le tarif demandé et la qualité des soins », précise le cardiologue. Le choix de ne pas être conventionné est avant tout une décision financière, souvent liée aux coûts de fonctionnement du cabinet.

Autre poste qui peut faire exploser la note : les suppléments d’honoraires en hôpital, notamment en chambre individuelle. Ces suppléments peuvent atteindre 200 %, 300 %, voire 400 % du tarif de base. Dans ce cas, l’assurance complémentaire peut entrer en jeu, mais encore faut-il qu’elle couvre le bon niveau de dépassement.

Le reportage complet est à découvrir dans l’émission Coûte que coûte, présentée par Benjamin Maréchal, ce mercredi à 19h50 sur RTL tvi et en intégralité sur RTL play.

Contenus sponsorisés

À la une

Les plus lus