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TVA doublée sur les billets de cinéma : «Plus de 12 euros pour un ticket, c’est déjà trop cher»

par RTL info avec Laura Va Lerberghe et Xavier Gérard
L’augmentation de la TVA sur les billets de cinéma, doublée par le gouvernement fédéral, ravive les tensions dans un secteur déjà fragilisé. Exploitants, spectateurs et Fédération des cinémas dénoncent une mesure jugée injuste et contre-productive, qui risque d’alourdir les prix, d’accentuer la concurrence avec les salles subsidiées et de freiner une fréquentation encore convalescente depuis la pandémie.

La récente décision du gouvernement fédéral d’augmenter la TVA sur les billets de cinéma de 6 % à 12 % suscite une vive polémique dans le secteur des loisirs. La Fédération des cinémas, qui représente de nombreuses salles belges, n’a pas tardé à exprimer son mécontentement face à cette mesure. Selon elle, cette hausse risque de compromettre sérieusement la fréquentation des salles obscures, déjà fragilisées depuis la pandémie. Par ailleurs, cette mesure pourrait creuser l’écart de tarifs entre les cinémas commerciaux et les cinémas subsidiés, les premiers étant directement impactés par cette décision fiscale.

Un ticket proche des 15 euros

Cette augmentation de la TVA se traduira inévitablement par une hausse des prix des billets. En moyenne, un ticket actuellement vendu à 14 euros coûtera 80 centimes de plus. Cette montée des tarifs ne laisse pas les spectateurs indifférents, les avis restant partagés. « Moi, ça ne doit pas dépasser 12 euros. Au-dessus de 12 euros, ça devient exagéré », affirme un amateur de cinéma interrogé. Une autre spectatrice, cependant, nuance : « Ça dépend du film. Si c’est un film comme Avatar ou un film très attendu, je serais prête à payer 15 euros max. » De toute évidence, la sensibilité au prix varie en fonction des préférences et des budgets des spectateurs.

Ailleurs, les pays « ont fait marche arrière »

Pour les exploitants de salles, les inquiétudes ne se limitent pas à l’augmentation des prix des billets. La hausse de la TVA pourrait en effet entraîner une baisse conséquente de la fréquentation, phénomène observé dans d’autres pays ayant adopté des mesures similaires. « On aurait pu leur dire, s’il y avait eu de la concertation, qu’à l’étranger, les gouvernements qui ont pris une mesure semblable sont revenus sur leur décision, affirme Anneleen Van Troos, porte-parole du groupe Kinepolis. Parce qu’en fait, la hausse de la TVA et donc la hausse du prix du ticket ont entraîné une baisse de la fréquentation. » Le déséquilibre entre les recettes fiscales attendues et la chute du volume des entrées inquiète donc vivement les professionnels.

La Fédération des cinémas entend ne pas se laisser faire

Une autre controverse émerge autour de l’application inégale de cette mesure. Les cinémas commerciaux, qui doivent supporter cette augmentation fiscale, dénoncent une concurrence jugée « déloyale » vis-à-vis des cinémas subsidiés, exemptés de cette hausse. « C’est non seulement ridicule, ça veut dire qu’on n’a pas compris le secteur, estime Alain Courtois, président de la Fédération des cinémas. Si la décision est maintenue, nous irons au Conseil d’État ». La Fédération estime que cette dichotomie tarifaire pourrait détourner certains spectateurs des salles commerciales au profit des établissements subsidiés, fragilisant davantage un secteur déjà en difficulté.

Une fréquentation qui a énormément souffert de la pandémie

Ce contexte arrive alors que les salles peinent toujours à retrouver leur niveau de fréquentation d’avant la pandémie. En 2019, près de 19 millions d’entrées avaient été enregistrées en Belgique, un chiffre qui oscille aujourd’hui entre 16 et 17 millions, selon les dernières estimations. Cet écart témoigne d’un secteur en convalescence, pour qui cette décision gouvernementale représente un coup dur. « Cette aberration littérale où on taxe […] le loisir » pourrait compromettre davantage les efforts entrepris pour attirer à nouveau le public. Convaincue de l’effet négatif de cette réforme, la Fédération envisage toutes les voies juridiques possibles pour obtenir son annulation, y compris un recours devant le Conseil d’État.

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