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Une contre-expertise a été ordonnée afin de vérifier si la grand-tante du petit Grégory, tué il y a 41 ans, est bien le « corbeau » qui a revendiqué le crime, comme l’a affirmé une première analyse conduisant à sa mise en examen, a indiqué vendredi le parquet général à Dijon. Le président de la chambre de l’instruction de Dijon, en charge de cette enquête tentaculaire, a lancé une « contre-expertise stylométrique », qui s’attache à l’orthographe et aux tournures de phrases, a indiqué à l’AFP le procureur général à Dijon, Philippe Astruc, confirmant une information de l’Est républicain.
Cette nouvelle analyse, prise à l’initiative du juge enquêteur en décembre 2025, a été « confiée à deux sachants français désignés comme experts », a-t-il ajouté sans vouloir les divulguer. « Le résultat n’interviendra sans doute que dans plusieurs mois », a-t-il précisé. L’étude vise à vérifier de premières expertises qui avaient incriminé Jacqueline Jacob, la grand-tante du garçon retrouvé noyé à l’âge de quatre ans le 16 octobre 1984 dans la Vologne, une rivière des Vosges.
Mme Jacob, 81 ans, a été mise en examen en octobre pour association de malfaiteurs en vue de la préparation à l’enlèvement de Grégory. Sa défense avait alors dénoncé une nouvelle « erreur » dans cette enquête chaotique. La grand-tante, dont l’époux est un frère de la grand-mère du petit garçon, est soupçonnée d’être l’un des corbeaux qui ont menacé pendant des années la famille de Grégory Villemin.
Elle avait déjà été mise en examen, en 2017, pour « enlèvement et séquestration suivie de mort » mais ces poursuites avaient été annulées en mai 2018, pour un vice de forme, dans un énième couac de la laborieuse enquête.
« Voila ma vengeance, pauvre con »
Selon l’arrêt du 18 juin 2025 ordonnant son interrogatoire, que l’AFP a pu consulter, les juges enquêteurs justifient la nouvelle mise en examen de Mme Jacob sur la base, notamment, de plusieurs expertises : graphologiques en 2017, puis stylométriques, en 2021 et 2023. Ces analyses attribuent à Mme Jacob trois courriers anonymes de 1983, dont celui du 4 mars qui menace directement les Villemin. « Je vous ferez votre peau » (sic), y était-il écrit.
La stylométrie estime que « cinq » corbeaux ont menacé les Villemin mais soutient de plus « très fortement l’hypothèse » que c’est Mme Jacob qui a écrit la lettre du 16 octobre 1984 revendiquant le crime. « J’espère que tu mourras de chagrin le chef (…) Voilà ma vengeance. Pauvre con », disait le courrier. Les avocats de Mme Jacob, tout comme la défense des époux Villemin, n’ont pas répondu aux sollicitations de l’AFP.


















