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Journée noire en France : 900.000 manifestants attendus dans les rues, 80.000 policiers et gendarmes mobilisés

par Christophe Giltay
Ce jeudi se déroulera en France la grande mobilisation à l’appel des syndicats. Le secteur ferroviaire sera particulièrement affecté mais la mobilisation promet d’être large, et s’étendra des écoles aux pharmacies. 900.000 manifestants sont attendus sur l’ensemble de l’hexagone. Le gouvernement, qui redoute des affrontements avec les black blocs, a mobilisé 80.000 policiers et gendarmes.

La journée promet d’être compliquée ce jeudi entre casseurs et manifestations classiques avec banderoles, slogans, chansons, tambours, fumigènes, généralement bien encadrées par les services d’ordre des syndicats. 250 rassemblements sont prévus en France, la plupart démarreront à 14h.

Tous les regards seront tournés vers Paris, où l’on attend 100.000 manifestants pacifiques mais aussi 1.000 black blocs ou activistes qui pourraient déborder du cortège. Il s’agit de militants habillés en noir, cagoulés et qui s’attaquent aux boutiques et au mobilier urbain.

Le préfet de police a demandé aux commerçants de protéger leurs vitrines sur le parcours de la manifestation qui, c’est tout un symbole, s’élancera de la Bastille pour rejoindre la place de la Nation en passant par la République. Policiers et gendarmes ont commencé à prendre position à 6 heures du matin, pour empêcher le blocage du périphérique.

Des incidents se sont déjà produits devant un dépôt de bus, au nord de Paris. En province, on redoute aussi des opérations sur les autoroutes, notamment aux péages. Pour contrer les barrages, la gendarmerie va déployer 24 Centaures, un puissant véhicule blindé de 14 tonnes, avec à l’avant un dispositif conçu pour démanteler les obstacles.

La taxe « Zucman »

Le risque de dérapage est d’autant plus grand que la nomination de Sébastien Lecornu, a agi à la manière d’un chiffon rouge brandi devant des Français à bout de nerfs. Hier, le Premier ministre recevait le parti socialiste, les écologistes et les communistes… Tous sont ressortis déçus de Matignon et menacent de le renverser s’il n’adopte pas une stratégie de rupture et notamment la taxe dite « Zucman », un impôt de 2 % sur les grandes fortunes.

D’après un sondage publié hier par le Parisien, 86 % des Français sont favorables à cette taxe, et 79 % souhaitent une baisse des aides publiques aux grandes entreprises. C’est le fond du problème, personne ne conteste l’ampleur de la dette, mais les travailleurs ont le sentiment que les gouvernements successifs d’Emmanuel Macron leur demandent tous les sacrifices, plutôt que de mettre les plus riches à contribution. Ainsi, la réforme des retraites, deux ans de travail en plus, a été ressentie comme une profonde injustice.

De son côté, la droite estime que la taxe « Zucman » pourrait inciter les investisseurs à quitter la France. Au chevet de la République se succèdent, comme chez Molière, des médecins qui ont tous des remèdes différents et antagonistes. Sauf que cette fois le malade n’est pas imaginaire !

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