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Le drapeau belge brandi par des Palestiniens en remerciement à la reconnaissance à l’ONU : les Israéliens « de plus en plus isolés »

Par RTL info avec l’AFP
Des Palestiniens de la ville de Tulkarem, en Cisjordanie, ont brandi les drapeaux des pays qui reconnaissent désormais l’État de Palestine, après les déclarations officielles faites à New York par la Belgique, la France, le Luxembourg, Malte et d’autres pays, après près de deux ans de guerre à Gaza.

« Nous annonçons notre fierté face à cette étape qui consiste à reconnaître l’État de Palestine au sein des Nations Unies. Cette étape, qui a été franchie après de nombreux retards, s’est produite en 2025, une année qu’Israël et les États-Unis ont cherché à rendre décisive pour la question palestinienne par des actions telles que le déplacement, l’annexion et la judaïsation. Cependant, leurs plans ont échoué et ils se sont retrouvés de plus en plus isolés du reste du monde », explique Nada Tuwair, une militante palestinienne présente lors de cette manifestation.

« Cette reconnaissance n’aurait pas été possible sans le déluge d’Al-Aqsa, ni sans la pression populaire exercée dans leurs pays. Aujourd’hui, nous, Palestiniens, devons avant tout assumer cette responsabilité et continuer à exercer davantage de pression sur les peuples européens, notamment pour qu’ils imposent des sanctions aux Israéliens et qu’ils concrétisent activement cette reconnaissance, en la transformant en une réalité sur le terrain », ajoute le député palestinien Hassan Khreisha.

Pendant ce temps à Gaza-Ville, cible d’une offensive israélienne majeure, les habitants se réjouissent de cette reconnaissance qu’ils qualifient de « lueur d’espoir ». « Pour nous, habitants de Gaza, le fait que des pays européens qui soutenaient autrefois l’occupation nous soutiennent désormais – même si ce n’est que moralement ou pour les médias – nous rend fiers de cette décision historique », témoigne Nidal Abou Sharbi, habitant de Gaza-Ville. Un autre se montrait plus pessimiste. « C’est un petit espoir, mais nous voulons quelque chose de tangible sur le terrain. Nous avons perdu espoir dans le monde entier et ne faisons plus confiance qu’à Dieu. Nous ne faisons confiance à personne d’autre. Nous voulons quelque chose de concret sur le terrain qui nous permette de retourner chez nous, même si ce n’est qu’un tas de décombres. Je veux pouvoir m’asseoir près de ma maison et ne pas avoir à me déplacer chaque jour d’un endroit à l’autre avec mes enfants », ajoute Aref al-Najjar.

Reconnaissance belge conditionnée

Le Premier ministre Bart De Wever a indiqué lundi à l’Assemblée générale des Nations Unies à New York que la Belgique rejoint la liste des pays qui vont reconnaître un État de Palestine. Mais « cela ne doit pas être une récompense pour le Hamas », a-t-il souligné lors d’une conférence consacrée à la solution à deux États dans le conflit au Moyen-Orient.

« La Belgique envoie aujourd’hui un signal politique et diplomatique fort au monde en rejoignant la liste des pays qui annoncent la reconnaissance d’un État palestinien », a-t-il déclaré. Cette solution apparaît toutefois plus lointaine que jamais. Bart De Wever a ainsi évoqué la recrudescence des colonies israéliennes en Cisjordanie, « l’opération militaire en vue d’une occupation complète de Gaza » et « l’indescriptible crise humanitaire ». « Tout cela suscite aujourd’hui la crainte qu’une (…) coexistence pacifique et durable entre deux États ne soit peut-être plus possible », a commenté le Premier ministre. Les récentes déclarations du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et d’autres ministres israéliens constituent également, à ses yeux, « une raison supplémentaire de confirmer le droit et la nécessité pour les Palestiniens d’avoir leur propre État ».

Bart De Wever a ajouté que cette reconnaissance ne devait cependant pas représenter « une récompense pour le Hamas ». Il a également rappelé que cela sera assorti de conditions, comme indiqué dans un récent accord de gouvernement durement négocié. Parmi celles-ci, la libération de tous les otages encore retenus par le mouvement islamiste palestinien et la mise à l’écart du Hamas du pouvoir à Gaza.

Des relations diplomatiques, comme l’ouverture d’une ambassade, seront ainsi mises en œuvre lorsque le Hamas aura déposé les armes et qu’il y aura de nouvelles élections en Palestine, a ajouté le Premier ministre.

Pendant ce temps, Israël enclave encore plus la Cisjordanie

Israël va fermer, à partir de mercredi et « jusqu’à nouvel ordre », le poste-frontière entre la Cisjordanie occupée et la Jordanie, a indiqué mardi l’autorité palestinienne chargée des points de passage. C’est par ce poste que transite principalement l’aide humanitaire pour la bande de Gaza, assaillie par l’armée israélienne.

« La partie israélienne nous a informés de la fermeture du point de passage d’Al-Karameh à partir de demain, mercredi… et jusqu’à nouvel ordre, dans les deux sens », a indiqué l’Autorité générale palestinienne des points de passages et des frontières dans un communiqué, citant son président Nazmi Muhanna. Israël n’a pas confirmé cette décision dans l’immédiat.

Les Nations unies ont déclaré en août l’état de famine dans une partie de la bande de Gaza, théâtre d’une guerre dévastatrice déclenchée par l’attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas sur le sol israélien le 7 octobre 2023. Depuis cet assaut, le gouvernement de Benjamin Netanyahu a juré d’ « anéantir » le Hamas. Les forces armées mènent depuis le 16 septembre d’importantes frappes sur la ville de Gaza, que plusieurs centaines de milliers d’habitants ont déjà fui ou tentent de fuir.

Depuis le départ de sa coalition en juillet de partis ultraorthodoxes ashkénazes, Benjamin Netanyahu n’a plus de majorité absolue au Parlement et est tributaire de ses alliés d’extrême droite, qui refusent tout accord de libération d’otages avec le Hamas et plaident pour la poursuite de la guerre jusqu’à l’anéantissement du mouvement islamiste palestinien dans la bande de Gaza.

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