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La « Boucle du Hainaut » fait polémique : 7.000 emplois et 500 millions d’euros par an seraient pourtant en jeu

par RTL info avec Belga
Sans la Boucle du Hainaut, 7.000 emplois et 500 millions d’euros par an sont en jeu, selon une étude. Ce projet stratégique d’Elia doit relier les éoliennes offshore au cœur industriel du Hainaut, malgré la vive contestation locale.

Sans les 90 kilomètres de câbles de la Boucle du Hainaut, destinés à transporter l’électricité produite par les éoliennes offshore de la mer du Nord vers le cœur industriel du Hainaut, « le développement économique du secteur industriel de la province serait compromis ». C’est la conclusion d’une analyse du bureau d’études Deplasse, financée par Elia mais menée « en toute indépendance » et que relaient vendredi L’Echo et Le Soir.

La Boucle du Hainaut est une ligne aérienne de 380.000 volts en courant alternatif, d’une capacité de transport de 6 GW, qui doit relier les postes électriques d’Avelgem et Courcelles, représentant un investissement de l’ordre de 700 millions d’euros pour Elia. Avec sa jumelle Ventilus en Flandre, elle permettra à terme de transporter notamment le courant produit par les futures éoliennes offshore du parc Princesse Elisabeth en mer du Nord. Un projet qui suscite une vive opposition parmi les riverains et les communes qui se trouvent sur le trajet de la Boucle. Ces derniers contestent l’option de ligne aérienne choisie par Elia, et défendent l’idée d’une ligne enterrée en courant continu.

Puissant levier économique

Le scénario serait pour le moins sombre en cas d’abandon du projet. En 2022, le Hainaut représentait à lui seul 43 % de la consommation énergétique industrielle wallonne. Selon l’étude, l’absence de la Boucle du Hainaut pourrait se traduire par un manque à gagner potentiel de 2.500 à 7.000 emplois chaque année, soit entre 4,6 % et 12,8 % de l’emploi industriel de 2020, et par 180 à 500 millions d’euros de valeur ajoutée en moins par an.

À l’inverse, la concrétisation du projet pourrait devenir un puissant levier économique. Le scénario le plus optimiste table sur 10,2 milliards d’euros de valeur ajoutée cumulée entre 2030 et 2050. Ce montant englobe la richesse générée par de nouveaux projets industriels rendus possibles, ainsi que les retombées sur la chaîne de valeur locale. Selon les simulations, la Boucle du Hainaut pourrait augmenter le PIB régional de 500 millions d’euros par an en moyenne sur cette période. La phase de construction, elle, créerait près de 5.000 emplois directs et indirects. Et à plus long terme, l’étude estime que ces investissements permettraient de faire baisser le prix du marché de l’électricité de 11,76 euros/MWh en moyenne par rapport à un scénario sans la Boucle.

Interrogée par le ministre wallon de l’Aménagement du territoire, François Desquesnes (Les Engagés), la Creg confirme le caractère stratégique du projet. Dans un courrier adressé au ministre le 6 novembre dernier, le régulateur de l’électricité qualifie la Boucle du Hainaut de dossier « nécessaire » face aux développements industriels attendus dans la région.

De nombreuses étapes doivent encore avoir lieu avant de pouvoir aboutir aux demandes de permis de construire, puis à l’ouverture d’un chantier et, enfin, à la mise en service de la Boucle, qui ne devrait pas intervenir, selon Elia, avant 2032-2033.

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