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Un jeu encore pratiqué par quelques personnes dans le Hainaut entre au patrimoine culturel immatériel : « Ça permet de débloquer des subventions potentielles »

par RTL info avec Marc Demoustiez
Deux jeux traditionnels viennent de faire leur entrée au patrimoine culturel immatériel de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Le jeu de bourle, un mélange de bowling et de pétanque pratiqué en Wallonie-Picarde et le jeu de fer qui se pratique encore à Tournai dans les arrières de plusieurs cafés.

Le jeu de fer, c’est un jeu d’adresse entre le billard et la pétanque et qui à première vue paraît assez simple. « On doit essayer d’envoyer le plus près possible de la broche qui se trouve tout au fond de la planche. Et lorsqu’on a fini une joute, donc ça veut dire qu’on a joué les huit fers, on compte les fers qui sont les plus proches de la broche du fond », note Damien Cabo, joueur.

Pour la famille Cabo, il n’y a pas de secret : pour arriver à ce niveau, il faut de l’entraînement. « Au moins deux à trois fois par semaine dans tous les cas. Actuellement, on joue quand même beaucoup, maintenant c’est la pleine période, c’est le championnat, c’est les tournois ».

Le jeu de fer demande de la précision, de la concentration et de la tactique aussi. « On voit un petit peu comment l’équipe adverse réagit et on adapte notre tactique. Exemple : s’il ne passe pas bien à gauche, on les fera jouer à gauche », note le joueur.

L’existence de ce jeu remonte au 19e siècle. Il est encore pratiqué dans une vingtaine d’estaminets tournésiens par 350 ferristes : un jeu que les novices peuvent tester au musée du folklore et de l’imaginaire, où une exposition est consacrée à cette discipline. Claude, par exemple, n’y a jamais joué et il le constate, ce n’est pas évident. « La première difficulté c’est d’arriver à pousser ce fameux palais, parce que la canne a tendance à glisser dessus parce qu’elle est beaucoup plus mince », explique-t-il.

L’entrée du jeu de fer au patrimoine culturel immatériel de la Fédération Wallonie-Bruxelles permet de transmettre ces gestes et ce savoir-faire aux plus jeunes et de perpétuer cette tradition. « Ça permet également de débloquer des subventions potentielles pour aider à créer des outils pédagogiques qui permettent à de nouveaux joueurs de s’y initier, d’aider aussi les artisans à continuer à fabriquer des tables ou à restaurer des tables de jeux existantes. C’est vraiment un gros coup de pouce faite reconnaissance », détaille la conservatrice du musée du folklore.

Une reconnaissance qui permet aussi de maintenir la vie associative et locale.

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