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Des centaines de policiers se déclarent MALADES avant le sommet européen et devront être remplacés: mais pourquoi ?

Les policiers sont sur tous les fronts aujourd'hui: sommets européen et Europa-Asie à Bruxelles, marathon de la vitesse... C'est pourtant dès ce mercredi que court le préavis de grève déposé par les syndicats pour trois jours. Des centaines d'agents ont déposé des certificats médicaux. Ils protestent contre les réformes qui touchent leur profession et le manque de personnel. Ces policiers seront remplacés par des policiers d'autres zones, indique la police de Bruxelles. Des militaires seraient aussi mobilisés, selon un syndicat policier.

De source syndicale, plus de la moitié des policiers bruxellois sont en arrêt maladie dans le cadre d'un mouvement de grogne lié au manque de personnel et à des réformes qui touchent la profession. "Depuis plusieurs mois, nous faisons face à une politique du fait accompli. Nous n'avons plus de concertation, ni de négociation. Les textes proposés sont au final des textes imposés", a déclaré Raoul Moulin, de la CSC, dans le RTL info 13h.

Rien que pour la zone Montgomery, au moins 1 agent sur 5 ne se serait pas présenté au travail aujourd’hui. Même situation à PolBru, la zone la plus concernée par les deux événements internationaux qui se déroulent dans la capitale de mercredi à vendredi, le sommet européen et le sommet Europa-Asie.

Au total, plusieurs centaines de policiers réquisitionnés pour encadrer ces sommets sont en maladie, ce qui pourrait avoir des conséquences sur le déploiement policier lors de ces deux sommets, a indiqué le SNPS, évoquant un "mouvement spontané de la base". En fin de matinée, la police de Bruxelles a toutefois assuré que la sécurisation des deux sommets était assurée, notamment par l'apport de policiers en provenance d'autres zones de police ainsi que de la police fédérale. Par ailleurs, selon le syndicat, environ 150 militaires ont été appelés.


La police de Liège solidaire: plusieurs commissariats fermés

Par ailleurs, une cinquantaine de policiers liégeois ont décidé d'être solidaires avec leurs collègues en s'absentant dès ce mercredi à Liège, a indiqué en fin de matinée la police de la zone liégeoise. Ainsi, l'accueil des commissariats de Wallonie Liège Centre, des Guillemins, de Saint-Léonard et de Chênée sont fermés ce 17 octobre. Pour tout problème urgent ou information, les citoyens sont invités à se rendre aux accueils des autres commissariats de police.  

Statut disciplinaire, pensions, pénibilité, réforme du cumul des congés de maladie, manque structurel de personnel... les motifs d'insatisfaction ne manquent pas dans les rangs des policiers. Au point de pousser la CSC Services publics, la CGSP-Admi et le SNPS à déposer un préavis de grève qui court de ce mercredi 17 au vendredi 19 octobre. C'est à ce moment que se tiennent à Bruxelles un Sommet européen (17 et 18/10) ainsi qu'une réunion du dialogue Europe-Asie (18/19/10).

Est-ce que la police parvient tout de même à assurer la sécurité à Bruxelles et ces fameux contrôles dans le cadre du marathon de la vitesse 
Stéphane Deldique, vice président du CSC Services Publics, a répondu à cette question ce matin dans le RTL INFO 8H sur Bel RTL. "Là, comme vous le savez, nous avons des obligations légales, et donc bien évidemment que la sécurité pourra être assurée, et en ce sens, l’autorité a pris les dispositions, à savoir qu’elle réquisitionne à tour de bras les membres du personnel, afin de pouvoir assurer ces différentes missions. C’est là justement que le problème se pose, que c’est la goutte qui a fait déborder le vase. Je comprends pourquoi les collaborateurs, les membres du personnel en ont un petit peu marre, face à ces réquisitions, qui visent un peu tout le monde. On racle les fonds de tiroir, car l’on sait qu’il y a un manque de personnel, et donc je pense qu’après tous ces mois, toutes ces années où les collègues ont été sollicités, où il y a un manque de personnel criant, le statut a également été attaqué de toutes parts au niveau de la fonction publique, et la police n’y échappe pas. Ce sont les travailleurs qui ont décidé de se rendre chez leur médecin et de faire constater tout le mal que ces mesures ont comme influence sur leur santé physique et mentale."


"Les travailleurs en ont marre"

Ce mouvement aura-t-il des conséquences ailleurs dans le pays? Dans les commissariats par exemple? "Par effet collatéral, la police fédérale ne peut assurer toutes ses missions par manque de personnel, elle doit donc forcément faire appel à une réserve hypothéquée, à un soutien au niveau des zones de police, qui elles-mêmes, sont déjà en manque d’effectif comme nous le savons tous, et donc, effectivement, ces réquisitions peuvent être beaucoup plus larges et peuvent toucher des collègues qui travaillent dans les zones de police en province. Là aussi, nous dénonçons une réquisition plus large que celle que nous avons concertée. Je rappelle d’ailleurs que l’autorité a reconnu elle-même que certaines réquisitions qui ont été posées suite aux négociations du préavis antérieur étaient tout à fait illégales. Elles devaient être retirées, adaptées, mais certaines autorités n’ont pas voulu jouer le jeu, raison pour laquelle aujourd'hui, nous sommes en négociation avec l’autorité pour essayer de rectifier le tir, mais surtout de bien faire comprendre aux représentants du ministre que ça suffit, que les travailleurs en ont marre, et que c’est eux qui nous soutiennent par rapport à nos démarches, et que le ministre doit bien prendre conscience que derrière nous, derrière les organisations syndicales, il y a des hommes et des femmes qui sont prêts à utiliser tous les moyens pour arriver à ce qu’on soit entendus".


Trop d'incertitudes

Les syndicats déplorent également les trop nombreuses "incertitudes" concernant l'organisation de ces événements: problématiques d'horaires, de repos, de repas, etc. De plus, deux policiers ont été blessés le week-end dernier lors d'une fusillade à l'arme lourde à Jalhay, ce qui a suscité une certaine émotion dans les rangs de la police. "Le personnel en a marre. Il en a assez des promesses non tenues", résume Eddy Quaino, de la CGSP.

Du côté du SNPS, on évoque une situation "extrêmement grave". "Les policiers se déclarent en maladie en très grand nombre. Des centaines de policiers rentrent des certificats médicaux. Les syndicats sont dépassés par leur base", explique son secrétaire national, Thierry Belin.

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