Près de deux ans après la fusillade de la rue du Dries, l'immeuble en porte encore les stigmates (vidéo exclusive)

En marge du procès hors norme de Salah Abdeslam, une de nos équipes a pu pénétrer dans l’immeuble de la rue du Dries à Forest où était caché le seul survivant des attentats de Paris au moment où a éclaté la fusillade avec la police. Le reportage qui suit nous permet de mieux comprendre ce qui s'y est déroulé ce jour-là. Des images exclusives de RTLINFO et d'Emmanuel Dupond, Michel Herinckx et Xavier Gérard.

Pour la première fois, l’un des propriétaires du numéro 60 de la rue du Dries, à Forest, a accepté de faire entrer une équipe de télévision. Le couloir est étroit et en montant l’escalier, notre équipe est frappée par les murs criblés de balles. Le 15 mars 2016, les six enquêteurs de police se rendent au 1er étage pour une perquisition de routine. Ils sont accueillis par des tirs. De l’autre côté de la porte se trouve Mohamed Belkaïd, l’un des trois occupants de l’appartement. Il est armé d’une kalachnikov et fait feu sur les policiers.


Encore certains meubles

Presque deux ans plus tard, l’appartement de 60 m² porte toujours les stigmates de cette intervention. De toute évidence, les coups de feu ont été nombreux. "Parmi le mobilier qu’on retrouve dans cet appartement, il y a ce fauteuil au pied de la cheminée, un fauteuil aux côtés duquel les enquêteurs ont trouvé, entre autres, cette kalachnikov", détaille notre journaliste Emmanuel Dupond dans le RTLinfo 19H en montrant une photo.


La fenêtre par laquelle se sont enfuis Salah Abdeslam et Sofien Ayari

Une dizaine de chargeurs et de détonateurs font partie de l’arsenal des terroristes présumés. Belkaïd est abattu par un tireur d’élite quatre heures après le début de l’opération. Mais ses deux acolytes sont déjà loin. "Salah Abdeslam et Sofien Ayari ont réussi à prendre la fuite depuis cette fenêtre du premier étage. Les enquêteurs ont d’ailleurs trouvé leurs empreintes sur le châssis", commente encore Emmanuel Dupond.


"Il y a une doctrine chez les djihadistes qui dit que quand le martyr est mort, il dégage une odeur de musc"

On ne sait pas depuis combien de temps les trois hommes vivaient dans cet appartement, mais vu comme le frigo était rempli, ils avaient prévu d’y rester encore quelques jours. Sur l’un des murs de la pièce centrale, les terroristes présumés avaient accroché le drapeau de l’état islamique. De nombreux objets ont été saisis par la justice et placés sous scellés, mais dans l’appartement traînent encore quelques vêtements et des accessoires. "Il s’agit d’un parfum, de musc. Il y a une doctrine chez les djihadistes qui dit que quand le martyr est mort, il dégage une odeur de musc. C’est pour ça que certains djihadistes adirent ce parfum", révèle une source qui préfère rester anonyme à notre équipe.


60.000€ de travaux

Abdeslam et ses complices occupaient le 1er et le 2e étage de l’immeuble. Les propriétaires affirment avoir récupéré leur bien six mois après l’intervention de la police. L’un d’eux dit vouloir entamer les rénovations. Le coût des travaux avant de le remettre en location est estimé à 60.000 euros. Presque deux ans après les faits, l’immeuble aux fenêtres béantes est toujours inoccupé et certains riverains ont choisi de quitter le quartier.

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