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Coronavirus: combien de temps le système de tracing pourra-t-il garder vos données?

 

Emmanuel André, le microbiologiste et coordinateur national du suivi des malades, était l’invité de la matinale de Bel RTL. Interrogé par Fabrice Grosfilley, il est revenu sur la mise en place du traçage et du suivi des malades et a expliqué les règles en vigueur.

Est-ce que le traçage des malades est vraiment opérationnel ?

Les résultats qu’on obtient ces premiers jours montrent que les call center sont pleinement actifs, qu’ils rencontrent encore une série de petits problèmes techniques qui sont résolus heure après heure et jour après jour et donc chaque jour, des centaines et des milliers de personnes sont contactées au travers de ces contact center, c’est donc quelque chose qui est bien opérationnel mais il faut maintenir cela dans le temps, il faut arriver à un système qui s’optimise encore dans les jours qui viennent.

Quelle est la  règle, si on a été en contact prolongé avec un malade, c’est-à-dire au moins 15 minutes à moins d’un mètre 50, on doit être mis en quarantaine ?

L’idée c’est que quelqu’un qui a été en contact de cette manière avec une personne infectée et suspectée d’être infectée, et donc elle a déjà vécu le risque. L’objectif de cette quarantaine est de pouvoir prévenir que cette personne si elle développe la maladie la transmette à son entourage et contribue à la chaîne de transmission.

Est-ce qu’il y a des moyens coercitifs ?

Cette mise en quarantaine est vivement recommandée par le médecin généraliste. Le call center va aussi appuyer et apporter son soutien administratif, par exemple en termes de certificat quand c’est nécessaire. Est-ce qu’on peut obliger et mettre un agent de police devant chaque maison de personne mise en quarantaine ? Non, mais il fait bien savoir que quand on est mis en quarantaine, c’est parce qu’on est à haut risque d’être contagieux pour les autres et donc exposer les autres à cette maladie, alors que l’on sait qu’on est soi-même à haut risque, c’est de la responsabilité individuelle.

Ces contacts prolongés, c’est quelque chose qu’on rencontre souvent par exemple sur son lieu de travail. Est-ce que le fait d’avoir porté un masque, cela change quelque chose ?

Porter un masque va permettre de prévenir une très grande partie des infections, donc c’est quelque chose qui est recommandé certainement quand on est dans des lieux où la distanciation physique n’est pas possible ou pas possible tout le temps. Mais vous savez que le fait de toucher des surfaces qui ont été contaminées et d’après mettre ses mains sur sa figure, cela peut être un vecteur de transmission et donc le masque en tant que tel ne va pas protéger contre toutes les infections.

Le tracing électronique, via une application bluetooth, vous souhaitez qu’on aille vers ce type de traçage ?

Je souhaite que l’ossature du système de testing, de diagnostic et du suivi des personnes infectées soit 100% opérationnel en termes de capacité de laboratoire, de cette ossature autour du call center et quand on aura créé et renforcé cette ossature, il sera alors temps de considérer très activement la possibilité d’améliorer encore ce système et notamment pas l’utilisation d’applications. Ces applications nécessitent d’abord aussi un débat public pour que les personnes puissent bien prendre conscience des avantages et éventuellement des inconvénients liés à l’utilisation de ces nouvelles technologies qui font irruption dans notre quotidien.

A partir du moment où j’ai été malade ou en contact avec un malade, je suis dans la base de données, après combien de temps ces données vont-elles être effacées ?

Dans le cadre légal mis en place pour cette activité. Un arrêté royal est paru début du mois qui va tenir durant un mois. Cet arrêté décrit les données qui sont récoltées, où et quand elles doivent être détruites et donc à l’heure actuelle, il y est indiqué que cinq jours après la fin de l’épidémie, ces données seront détruites. Mais durant le courant de ce mois-ci, une loi va valider cet arrêté royal ou le modifier. Aujourd’hui, il y a un débat pour déterminer si ces mesures proposées dans l’arrêté royal sont suffisantes ou pas.

Est-ce qu’on ne pourrait pas imaginer puisqu’on sait qu’on est contagieux pendant une quinzaine de jours, qu’au-delà de ces quinze jours, au bout de quelques semaines on disparaisse des données, ne pourrait-on pas donner cette garantie au citoyen ?

C’est un des éléments qu’on peut envisager. Le diagnostic, l’information dans votre dossier médical elle doit rester-là, elle doit être disponible pour votre médecin mais l’information en termes de suivi épidémiologique, elle ne doit pas être granulaire sur l’ensemble de la période de l’épidémie mais elle doit servir à une finalité qui est celle de protéger vos contacts.

 

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