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L'abattoir de Veviba contrôlé par l'Afsca, Delhaize et des sous-traitants de Delhaize: pourquoi n'ont-ils rien vu?

Plusieurs voix s'élèvent pour dénoncer le travail de l'ASFCA suite au scandale sanitaire lié à la viande. Quelques anciens travailleurs de Veviba, à Bastogne, racontent la rapidité des contrôles effectués par l'Agence Fédérale pour la Sécurité de la Chaîne Alimentaire. Certains parlent même de contrôles inexistants. Olivier Pierre et Pierre Haelterman ont voulu en savoir plus pour le RTLInfo 19H.

Selon les témoignages d’anciens employés de Veviba, les contrôles sanitaires dans l’entreprise étaient expédiés, bâclés et très peu nombreux. Seulement deux fois par an. Le même genre de témoignages est arrivé aux oreilles d’un syndicaliste du secteur alimentation. "Ce qui nous a été rapporté, ce que lorsqu’il y avait un contrôleur, en résumé, le bruit courait immédiatement dès que le contrôleur était dans l’usine et les travailleurs entre eux se disaient : ‘Le mec de l’Afsca et là’. Les travailleurs parlent de contrôles qui étaient extrêmement rapides, où on passait 10 minutes dans l’usine et puis deux heures au restaurant, c’est comme ça que ça nous a été rapporté. Après, bien évidemment, je ne peux témoigner que de ce que les travailleurs nous ont dit", a indiqué Bernard Van Wynsberghe, secrétaire régional CSC alimentation et services, au micro d’Olivier Pierre pour le RTLinfo 19H.


"J’en ai faits des contrôles, je peux vous dire que huit heures dans un établissement, c’est long"

La réalité est tout autre selon l’Afsca. "Le temps que l’on reste dans une entreprise telle que Veviba est dans la loi. On respecte la loi, tout ça est fixé, la fréquence des contrôles, quatre à huit fois par an dans un atelier de découpe, la longueur des contrôles, de quatre à huit heures par contrôle. J’en ai faits des contrôles, je peux vous dire que huit heures dans un établissement, c’est long. On a le temps de contrôler", a assuré Jean-Sébastien Walhin, porte-parole de l’Afsca ce midi sur le plateau du RTLinfo 13H.


"Je peux vous assurer que l’arme la plus fatale pour un contrôleur, c’est ce côté inopiné des contrôles"

L’Afsca n’était pas la seule à organiser des contrôles sanitaires. Les inspecteurs de Delhaize passaient deux fois par semaine, sans compter les visites de contrôleurs sous-traitant pour le compte de Delhaize. Des visites à l’improviste qui n’ont pas permis de constater des pratiques anormales. Des contrôles inopinés jugés pourtant très efficaces par l’Afsca. "Tous nos contrôles sont non-annoncés, ce sont des procédures très strictes qui sont suivies, on est audité, il n’y a pas de questions là-dessus, j’ai été moi-même contrôleur, je peux vous assurer que l’arme la plus fatale pour un contrôleur, c’est ce côté inopiné des contrôles", a encore affirmé M. Wahlin.

Mais alors pourquoi les contrôles n’ont jamais rien révélé d’anormal jusqu’à maintenant ? C’est l’une des nombreuses questions que soulève cette affaire.

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