Une ex-employée de Veviba balance tout: "On devait mettre des épices pour cacher la viande pourrie pour la vendre aux clients"

Des témoignages anonymes concernant les pratiques douteuses au sein de l'abattoir Veviba nous parviennent. D'après une personne se présentant comme une ex-employée, si la viande semblait mauvaise, voire "avariée", il fallait dissimuler la pourriture et non pas jeter la viande, afin que l'abattoir puisse la vendre malgré tout. "En fait, le consommateur mange de la viande pourrie, mais il ne le sait pas", dit ce témoin.

Une personne affirmant avoir travaillé pour l'abattoir Veviba, mis en cause dans un scandale sanitaire de viande de bœuf, nous a écrit via le bouton orange Alertez-nous. Cette ex-employée raconte comment la viande avariée a pu atterrir dans l'assiette du consommateur. Selon elle, l'entreprise demandait aux employés de fermer les yeux sur la mauvaise qualité de la viande afin de pouvoir la vendre malgré tout. "Quand on se retrouvait avec de la viande qui était avariée, de mauvais morceaux, de la viande pourrie, on nous disait de retourner les morceaux et de les présenter de façon à ce que les consommateurs ne puissent pas voir que ce n'était pas de la bonne viande, explique cette personne ayant requis l'anonymat. Ou alors, ils nous disaient de mettre plus d'épices, pour ne pas que ça se voie. Donc, le consommateur mange de la viande pourrie, mais il ne le sait pas".

 
Les travailleurs auraient fini par se résigner

Cette personne explique également que les employés voyaient et signalaient la présence de pourriture, mais rien n'y faisait. L'ex-employée explique que les travailleurs se sont résignés. "Quand on travaille dans le milieu, on sait quand la viande est bonne ou pas bonne, dit-elle. Donc quand de la viande doit être rouge et qu'elle est grise, bleue ou que les morceaux sentent mauvais, … on travaillait à plusieurs sur une table et on se montrait les morceaux et on disait 'Mais ce n'est pas bon ça!'. Parfois c'était toute une ligne qui était mauvaise. À ce moment-là, on sait que si on doit tout jeter, ça va poser problème. Nous, on n'a pas le choix. Si on nous demande d'envoyer de la viande, on doit envoyer quoi".


Plusieurs types de viande "mélangés"

Cette employée a aussi tenu à dénoncer une autre pratique qui a retenu son attention. Selon elle, le nettoyage des cuves entre deux passages de viande différente ne se faisait pas. "La viande, une fois hachée, contenait donc plusieurs types de viandes. Du bœuf, de l'agneau, du porc, tout est mélangé.

"Quand on faisait du haché, on était censé nettoyer les cuves entre chaque passage de viandes. Et en fait, ces cuves n’étaient jamais nettoyées. Donc on pouvait très bien avoir de l’agneau, puis passer à une autre viande comme du porc", assure-t-elle. 

Pour rappel, des contrôles effectués par l'Afsca chez Veviba, à la suite de dénonciations, ont relevé différentes infractions dans l'abattoir de Bastogne. Parmi elles, la présence de morceaux de carcasse qui n'étaient pas destinés à la consommation et qui se sont retrouvés dans la viande hachée. 

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