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Ce mardi 6 janvier, Patricia Vanderlinden était l’invitée de l’émission « Ils mériteraient d’être dans le journal » sur bel RTL. Inspectrice principale au sein du DVI (Disaster Victim Identification), la section de la police fédérale belge chargée d’identifier les victimes décédées lors de catastrophes, elle est venue présenter son livre « Donner un nom aux morts ». Un ouvrage dans lequel elle raconte son quotidien : l’identification des victimes, mais aussi les grandes opérations qui ont marqué sa carrière.
Son expertise a résonné de façon particulière au regard de l’actualité dramatique de ces derniers jours. Alors que les autorités suisses viennent d’annoncer avoir identifié les 40 morts et les 116 blessés de l’incendie survenu dans la nuit du Nouvel An au bar Le Constellation, à Crans-Montana, Patricia Vanderlinden a apporté un éclairage rare sur ce que vivent ses collègues lorsqu’ils interviennent dans ce genre de tragédie.
Bien que le DVI belge n’ait pas été mobilisé sur place, l’inspectrice explique pouvoir facilement imaginer les conditions d’intervention : « Ils ont dû arriver dans cet endroit avec toutes des victimes qui sont fortement brûlées et vraisemblablement toutes agglomérées dans un seul endroit puisqu’ils ont tenté de fuir. À partir de là, la première phase, ce sera la récupération des victimes. »
Un travail extrêmement délicat, qui s’adapte à chaque situation : « Dans un incendie, vous pouvez avoir des personnes qui sont encore avec des vêtements. Ça dépend sur quoi elle est couchée, comment elle est habillée. On peut avoir des personnes fortement carbonisées et d’autres encore reconnaissables. »
L’identification, un travail méticuleux
Au-delà de la récupération des corps, le rôle du DVI comprend aussi l’analyse post mortem et la gestion des familles. « On va faire ce qu’on appelle l’antemortem », précise Patricia Vanderlinden. « Les proches vont fournir des descriptions, des bijoux, des éléments sur la tenue vestimentaire. Le problème ici, c’est que ce sont des gens qui partaient pour la nouvelle année. Je ne suis pas sûr que tous les parents ont vu comment leurs enfants étaient habillés non plus. »
Dans ce contexte, l’ADN devient souvent la méthode d’identification privilégiée, surtout lorsque les victimes sont jeunes : « Un jeune de seize, dix-sept ans, ou plus jeune encore… Est-ce qu’ils ont forcément un dossier dentaire ? On n’en sait rien. Mais en tout cas, dans ce cas-ci, je pense que les Suisses ont privilégié l’ADN. C’est ce qu’on aurait fait en Belgique également. »
Vous n’oubliez pas
Ces interventions marquent profondément, même les professionnels les plus aguerris. « Se remettre, peut-être. Tout ça dépend de la personne, comment on va gérer l’événement. Mais oublier, non. Vous n’oubliez pas. Parce que ces images, vous les mettez quelque part au fond de vous et elles ressortent avec certaines circonstances », confie Patricia Vanderlinden.
Même à distance, elle n’est pas restée indifférente. « Moi d’ailleurs, j’étais de garde à ce moment-là. Voilà. Donc après, on fait immédiatement, on se dit : ok, ça aurait pu arriver chez nous. Et là, on y pense. »
Retrouvez l’émission de Benjamin Maréchal, « Ils mériteraient d’être dans le journal », en streaming sur RTL play et du lundi au vendredi, de 8h30 à 10h, en direct sur bel RTL.

















