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Présenté en septembre dernier à la 82e Mostra de Venise, « À pied d’œuvre », réalisé par Valérie Donzelli, a remporté le prix du meilleur scénario. Une distinction qui a profondément marqué la réalisatrice : « On était très contents que le film soit présenté à Venise. On ne pensait pas du tout qu’il serait prêt, puis finalement il l’était, puis finalement il a été pris. Et là, c’était déjà la joie absolue. »
Et ce prix résonne de manière toute particulière pour elle : « Quand on nous a appelés pour nous annoncer qu’on recevait un prix, on ne savait pas du tout lequel. Alors, découvrir que c’était pour le scénario, c’était génial. L’histoire du film est très belle. Ce livre m’a été donné par ma monteuse. Et quand j’ai voulu en acheter les droits, je me suis rendu compte qu’ils avaient déjà été acquis par le producteur Alain Goldman. C’est ma première collaboration avec lui. Tout ça est très joyeux. »
Conçu avec Gilles Marchand, son coscénariste, le film se distingue par une approche volontairement sobre. « C’est un film que je n’ai pas voulu spectaculaire. Il repose sur un minimalisme spectaculaire, une forme d’intimité spectaculaire », explique-t-elle lors de son passage dans le RTL info 13 heures.
Vivre de sa passion… jusqu’à s’y perdre
Le film est adapté du récit autobiographique de Franck Courtès, publié en 2023 chez Gallimard. Il y raconte sa propre vie : ancien photographe de renom, il décide de tout abandonner pour se consacrer à l’écriture jusqu’à tomber dans la pauvreté.
Valérie Donzelli explique ce qui l’a poussée à porter cette histoire à l’écran : « Ça m’a parlé très profondément. C’est une sorte de long monologue, l’écriture de Franck est extrêmement belle, précise, simple. Elle réussit à dire des choses assez compliquées, à la fois intimes et politiques. »
Face à Olivier Schoonejans, elle confie s’être identifiée à la trajectoire du personnage principal : « Moi, en tant que cinéaste, je ressens aussi tous les travers de la création. La difficulté qu’on peut avoir pour écrire… Il dit quelque chose de très juste : ‘Achever un texte ne veut pas dire être publié. Être publié ne veut pas dire être lu. Être lu ne veut pas dire avoir du succès. Et avoir du succès n’augure aucune fortune.’ C’est vrai que dans le cinéma, c’est pareil. »
« Et puis il se trouve que j’ai le même âge que le héros du livre, 53 ans. C’est un âge, je crois, où on fait un peu le point sur sa vie », ajoute-t-elle.
Porté par Bastien Bouillon, aux côtés d’André Marcon et Virginie Ledoyen, À pied d’œuvre est à découvrir en salles depuis ce mercredi 4 février.

















