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Le 22 novembre 1975, deux jours après la mort de Francisco Franco, Juan Carlos de Bourbon accède au trône d’Espagne. Choisi par le Caudillo lui-même, il surprend en s’éloignant rapidement de l’héritage franquiste pour engager le pays sur la voie de la démocratie.

« On se rappelle qu’il avait sauvé la démocratie en rétablissant la monarchie après les années Franco », souligne Thomas de Bergeyck, spécialiste des monarchies. Le jeune roi devient alors une figure centrale de la transition, en instaurant une monarchie parlementaire et en posant les bases d’un régime démocratique après quatre décennies de dictature.
Une fin de règne ternie par les controverses
Aujourd’hui âgé de 87 ans, Juan Carlos vit en retrait à Abou Dhabi, loin d’une Espagne où son image a été ternie par des révélations sur sa vie privée et ses affaires financières. « Il coule des jours heureux… façon de parler, parce qu’il s’en plaint beaucoup », souligne Thomas de Bergeyck. « Très loin d’une péninsule qui lui en veut encore aujourd’hui pour ses frasques et pour une vie plutôt dissolue. »
Parmi les épisodes les plus marquants : sa relation extraconjugale avec Corinna Larsen, une femme d’affaires allemande, connue pour son mariage avec le prince Casimir de Sayn-Wittgenstein qui lui a permis de porter le titre mondain de « Sa Sérénissime ».
La rencontre entre Juan Carlos et Corinna Larsen remonte à 2004, lors d’une partie de chasse en Allemagne. À l’époque, Corinna dirige une prestigieuse entreprise spécialisée dans la fabrication de fusils. Le roi, séparé depuis longtemps de la reine Sofia sans jamais avoir divorcé, entame une relation sérieuse avec cette femme.
Très vite, elle devient bien plus qu’une compagne : « Corinna va devenir sa confidente, sa visiteuse du soir », raconte-t-il. Le roi va même l’impliquer dans certaines missions à l’étranger, en tant que « consultante stratégique ». La princesse apparaît même sur plusieurs photos officielles, juste derrière le roi.
Le voyage de trop au Botswana
Mais cette relation finit par gêner l’entourage du souverain. Le point de rupture survient en avril 2012, lors d’un voyage au Botswana. « C’est surtout ce voyage qui va porter un coup fatal à leur romance », explique le spécialiste des monarchies. Pendant une chasse à l’éléphant organisée par Corinna, Juan Carlos se fracture la hanche. Il est rapatrié d’urgence, contraint de s’excuser devant les caméras dans un hôpital. Une scène surréaliste qui marque durablement l’opinion publique.
Selon Thomas de Bergeyck, le roi envisage alors sérieusement un nouveau départ : « Lui se voyait divorcé pour épouser Corinna et partir vivre à l’étranger ». Il aurait même déclaré : « Si ma fille Elena peut divorcer, alors moi aussi. » Mais la rupture a lieu cette même année, mettant fin à ses projets.
Trois ans après leur rupture, une conversation privée enregistrée en 2015 relance la polémique. Corinna Larsen évoque, sans le nommer directement, le rôle de Juan Carlos dans des affaires de blanchiment d’argent et de commissions occultes. Elle affirme avoir servi de prête-nom dans plusieurs transactions douteuses. Malgré ces accusations, l’ancien roi n’a jamais réagi officiellement.
Retrouvez « L’histoire royale » de Thomas de Bergeyck chaque samedi sur bel RTL Weekend.

















