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Sopra Steria, l’entreprise à l’origine du processus de numérisation raté au sein de la police, dispose encore de six contrats avec les pouvoirs publics, pour un montant total avoisinant les 250 millions d’euros. C’est ce qu’a appris le député Matti Vandemaele (Groen) auprès de la ministre compétente Vanessa Matz (Les Engagés). « C’est très préoccupant », estime-t-il.
Le ministre de l’Intérieur Bernard Quintin (MR) a récemment annoncé la résiliation du contrat avec Sopra Steria. Des dizaines de millions d’euros avaient déjà été versées à l’entreprise française pour le projet de numérisation i-Police, sans résultat concret. Entre-temps, le parquet a ouvert une information judiciaire et la Chambre prévoit une série d’auditions sur ce dossier.
Mais en plus d’i-Police, Sopra Steria dispose encore de six autres grands contrats-cadres auprès de l’État fédéral, représentant quelque 222 millions d’euros, précise Matti Vandemaele. À ces contrats s’ajoutent près de 44.000 journées de travail, pour un montant supplémentaire de plus de 33 millions d’euros. L’an dernier, plus d’une centaine de missions spécifiques ont en outre été attribuées dans le cadre de ces contrats-cadres, poursuit le député.
«Je me demande qui se sent réellement responsable»
Après l’échec d’i-Police, Matti Vandemaele se dit inquiet et veut savoir si le gouvernement interviendra à temps. « Ces contrats sont liés à différents services publics fédéraux et donc à plusieurs ministres. Je me demande qui se sent réellement responsable, alors que tous ces contrats continuent à courir malgré la débâcle d’i-Police », déclare-t-il. « La ministre Matz ne semblait pas pressée de passer ces contrats au crible. Si elle ne le fait pas, j’attends que le Premier ministre intervienne. »

















