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Une fille de 10 ans et un garçon de 15 ans, victimes de harcèlement à l’école : « Nos appels à l’aide sont ignorés », déplorent les deux mères inquiètes

par RTL info avec Sébastien Rosenfeld et Nicolas Foulon
Une fille de 10 ans et un garçon de 15 ans, victimes de harcèlement à l’école, voient leur quotidien basculer. Les deux mamans témoignent de l’urgence à briser la loi du silence.

Deux mères inquiètes, deux harcèlements différents, deux cas d’écoles. Le premier est une fille de 10 ans, le second, un garçon de 15 ans.

« Il ne mange pas bien, ne dort pas bien, fait des cauchemars », raconte Lina (prénom d’emprunt).

« Dans mon cas, on ne m’a pas crue. Ma fille savait qu’on ne me croyait pas. Imaginez ce qu’elle a pu ressentir… l’impression de ne pas exister », témoigne Sophie (prénom d’emprunt).

Elle avait peur qu’elle vienne nous tuer pendant la nuit.

Pour Sophie, tout débute fin décembre 2024. Depuis plusieurs semaines, elle ne reconnaît plus sa fille : « Je ne la sentais plus heureuse d’aller à l’école. Elle avait mal au ventre tous les soirs. Elle se critiquait beaucoup, était plus nerveuse et pleurait ».

Après un voyage scolaire désastreux, la situation se dégrade. Et les signes inquiétants s’accumulent.

« Les bleus, les griffures… elle m’a raconté plusieurs fois qu’elle était tombée. Elle avait des écorchures aux genoux. Une fois, elle ne parvenait plus à respirer ».

Source de son malheur, une petite fille qui la menaçait. « Elle avait peur qu’elle vienne nous tuer pendant la nuit. Finalement, ne rien révéler, c’était limiter les risques de représailles ».

La confrontation entre les filles de la classe ne donne pas de résultat. La direction clôt le dossier, tout comme la Fédération Wallonie Bruxelles.

« Tout ce petit monde a ignoré mes appels à l’aide, pour la simple et bonne raison que ma fille n’expliquait pas clairement ce qui se passait », déplore Sophie. « Ma fille m’avait choisie pour être son porte-parole, mais en fait, un parent ne peut pas être le porte-parole d’un enfant. Ce que je disais n’a eu aucun impact. Il faut que l’enfant parle, donc c’est un cercle vicieux. L’enfant ne parle pas parce qu’il est harcelé, il continue d’être harcelé parce qu’il ne parle pas ».

La fille de Sophie a changé d’établissement scolaire mais n’arrive toujours pas à se reconstruire et les séances de soutien ne donnent rien.

« La plupart du temps, elle n’a pas envie. Ça s’est passé, ‘OK, c’est derrière’. Elle ne réalise pas encore à quel point ça impacte quotidiennement. Elle cache qui elle est parce qu’elle m’a déjà dit Mais montrer qui je suis, c’est que ce serait en fait permettre aux gens de me blesser ».

Le fils de Lina vit prostré dans sa chambre

Pour Lina, prénom d’emprunt, tout commence par l’agression physique de son fils de 15 ans par des jeunes plus âgés dans la cour de l’école secondaire de son village.

Lina raconte que son fils lui a dit qu’il avait peur. Lorsqu’elle a parlé avec la directrice, celle-ci lui a expliqué qu’ils devaient vérifier ce qui s’était passé, car l’établissement dispose de caméras. Sur les images, ils ont vu que l’adolescent s’était retrouvé entouré de plusieurs garçons de son âge, comme si c’était « un théâtre », dit Lina, puis l’un des agresseurs a demandé à un autre garçon de le frapper. Ce dernier a alors tiré son fils par l’oreille avant de le frapper.

Les agresseurs sont renvoyés. Le fils de Lina change deux fois d’écoles. A chaque fois, il est harcelé dans les transports par la même bande d’adolescents qui lui reproche d’avoir rompu la loi du silence.

Il m’inquiète beaucoup.

« Vendredi passé, il a été suivi, il s’est fait insulter, filmer et ils ne vont pas le laisser tranquille. Je suis allée à la police, ils m’ont dit ‘Madame, ça se passe toujours comme ça et il doit trouver une autre victime pour oublier votre fils. C’est des mineurs, on peut rien faire’. »

Le fils de Lina est actuellement sous certificat médical. Suivi par un psychiatre, il vit prostré dans sa chambre.

« Il m’inquiète beaucoup. Il me dit ‘Maman, je vais me suicider’. Il a quinze ans. Un garçon qui dit cela, c’est très dangereux et très difficile à supporter ».

Sophie, comme Lina vivent dans l’angoisse du lendemain. Leurs témoignages est un appel au secours et un avertissement à tous les parents.

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