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Sur le marché occidental saturé des smartphones, il y a l’iPhone d’Apple, les nombreux smartphones de toutes les formes de Samsung aidés par un riche écosystème matériel, et le chinois Xiaomi très présent sur les smartphones abordables, mais capables de grosses innovations (notamment ce photophone Leica que j’ai essayé au printemps dernier). La concurrence se partage les miettes, mais le gâteau est tellement grand que ces miettes peuvent rapporter de l’argent. Surtout quand on a la taille et l’organisation d’une start-up disruptive comme Nothing, acteur basé à Londres (mais qui fabrique son matériel en Asie, parce qu’il n’y a pas vraiment le choix, en fait). Même si elle compte moins de 1 % de part de marché mondiale (chiffre estimé), elle génère assez de chiffres d’affaires pour espérer un jour gagner de l’argent. Pour se différencier, cette jeune entreprise mise sur un design unique, transparent et (très) audacieux ; des fonctionnalités inédites (des bandes LED sur le dos) ; une interface minimaliste saupoudrée d’une dose d’IA. Elle a sorti récemment le Phone (3), son smartphone haut de gamme à 849€, et j’ai pu mettre la main dessus quelques semaines pour appréhender l’univers de Carl Peï, l’ancien fondateur de OnePlus.

Un téléphone avec un drôle de petit écran… à l’arrière
Le Nothing Phone (3) s’impose comme le modèle le plus ambitieux de la marque, affirmant son statut de « vrai flagship » avec une identité très marquée et un design transparent singulier. Son principal atout esthétique reste le (très petit) écran arrière « Glyph Matrix », qui remplace les traditionnelles bandes LED des modèles précédents, par un minuscule affichage en dot-matrix. C’est donc un disque d’affichage monochrome, composé de 489 micro-LEDs adressables (allumables) individuellement. Il est associé au nouveau Glyph Button (bouton Glyph), situé lui aussi sur le dos, et qui ajoute de l’interactivité. Il suffit de taper dessus pour faire défiler les outils et widgets (Glyph Toys), et de maintenir pour jouer/activer. L’idée est ludique, parfois utile, et prétend vous permettre de moins souvent regarder l’écran de votre téléphone.

À quoi sert-il ?
Ce petit écran rond d’à peine 2 centimètres de diamètre est capable de fournir des notifications, des animations personnalisées ; d’interagir avec certaines applications ; de vous orienter ou de vous divertir. Voici ma petite sélection des fonctionnalités de cette combinaison inédite dans l’histoire du smartphone (il y en a d’autres, car Nothing permet à la communauté d’en ajouter) :
- Génère une combinaison unique de son et de lumière, à assigner à un contact ou à une notification d’application. La personnalisation à l’extrême… Vous pouvez aussi lui demander d’écrire le nom de l’appelant.
- S’allume pour cadrer parfaitement les selfies, quand on active l’option « Miroir Glyph » afin de deviner, malgré le peu de pixels, si votre visage est bien centré (ce qui permet d’utiliser la caméra arrière, de bien meilleure qualité que celle à l’avant).
- L’heure, tout simplement. La faible consommation d’énergie vous encouragera à garder cette mini-horloge vintage allumée en permanence, et vous ne devrez plus allumer l’écran principal pour connaître l’heure, ce qui ne manquerait pas de vous distraire ! Je l’ai utilisée dès le départ, c’est je trouve ça cool !
- Quelques petits jeux pas très utiles (comme pierre-papier-ciseaux) ou amusant pour les plus jeunes (le jeu de la bouteille qui tourne pour un « action ou vérité »).
- Quelques trucs un peu utiles comme la boussole, l’indicateur de batterie ou la position du soleil dans le ciel !
- Et le numéro complémentaire : au milieu du dos du smartphone, un autre élément ajoute du vintage au vintage : un carré rouge qui clignote quand vous filmez ou utilisez l’enregistreur audio. Classe…

Et le reste ?
À l’avant, le smartphone offre un écran AMOLED FHD+ ultra-lumineux de 6,67 pouces avec un taux de rafraîchissement adaptatif jusqu’à 120 Hz, propulsé par un processeur Snapdragon 8s Gen 4, soutenu par 12 ou 16 Go de RAM selon le modèle. La partie photo met en avant un triple capteur 50 Mpx (grand angle, téléobjectif périscope et ultra grand angle), apprécié pour ses fonctionnalités polyvalentes, notamment la macro, bien que l’ensemble peine à rivaliser avec les vrais ténors du marché. Côté logiciel, l’interface Nothing OS est « design » (comprenez, selon moi, cool et originale), sobre, fluide, et enrichie de fonctions d’IA comme Essential Search (recherche globale dans le smartphone, l’agenda, les contacts, etc) ou Essential Space (où sont rassemblées et triées vos captures d’écran, des notes vocales, etc).

Qualités du Nothing Phone (3)
- Design arrière unique et original, qui fait vraiment la différence par rapport à la concurrence grâce à l’écran Glyph Matrix.
- Expérience logicielle très propre, sans surcouche encombrante ni applications doubles, proche de l’expérience Pixel.
Défauts du Nothing Phone (3)
- Le Glyph Matrix (petit écran à l’arrière), malgré son originalité, reste en partie un gadget : beaucoup d’utilisateurs s’en lassent et ne le trouvent pas indispensable, selon des échos trouvés sur Reddit notamment. Mais moi, après 2 semaines, je continue de trouver ça cool et amusant. À voir sur le long terme, en effet…
- Rapport qualité/prix contesté : à 849€, le smartphone reste en deçà des meilleures références sur la photo, la puissance et l’autonomie pour le même budget. Même si son prix a déjà un peu baissé (on le trouve autour de 750€ en ligne), ça reste élevé. Mais c’est un produit à la conception inédite, et ça se paie…




















