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Après dix ans, quel bilan dressez-vous de cette opération sur le long terme, en tant que coordinateur ?
D’abord un immense succès. C’est vrai qu’on est assez fier de dire qu’en dix ans, la tournée minérale est devenue un rendez-vous presque incontournable pour déjà presque un quart des Belges. Donc c’est colossal. On a plus de 20 % de la population belge adulte qui participe à la tournée minérale. Et parmi les participants il y en a deux tiers qui le font de manière orthodoxe. Donc vraiment c’est un vrai succès. Et j’ai envie de dire aussi que le tiers qui le fait de manière non orthodoxe c’est très très bien aussi. Ce n’est pas parce qu’on a une ou deux exceptions éventuelles sur le mois qu’il faut s’en empêcher.
L‘alcool est souvent associé à la fête, à la question sociale. Les gens peuvent se dire « c’est la Saint-Valentin », ou « oui mais j’ai un anniversaire ». Vous leur répondez quoi ? Faut-il tout laisser tomber pour deux exceptions ?
Non il ne faut pas tout laisser tomber. Je dirais que l’histoire de l’alcool dans notre culture c’est ça : on a toujours une bonne excuse finalement pour ne pas s’empêcher de consommer. En fait, on a tout le temps des événements sociaux où l’alcool est présent. Donc faire une pause d’un mois c’est justement se tester dans ces événements sociaux et de voir d’abord s’il y en a peut-être l’un ou l’autre où on aura vraiment du mal à s’en passer. Ok ce n’est pas grave, faisons l’effort le reste du temps. Et le reste du temps, ça vaut la peine aussi de voir tiens est-ce que je suis capable quand même de m’en passer malgré les événements sociaux, malgré le resto, malgré le pot de départ d’un collègue, etc. Est-ce que je peux trouver des alternatives qui font finalement que je parviens à m’en passer ?
Est-ce que les bienfaits d’arrêter complètement l’alcool pendant plusieurs semaines sont visibles très rapidement ?
Il y a d’abord 8 personnes sur 10 qui participent à cette tournée minérale qui déclarent ressentir au moins un des bienfaits. Donc c’est quand même colossal. Et parmi ces bienfaits, il y a d’abord un meilleur sommeil, une meilleure peau, une plus grande énergie dès le matin, une meilleure concentration, perdre un peu de poids aussi, l’alcool c’est très calorique. Donc on ressent toute une série de bienfaits assez rapidement, dès les première, deuxième, troisième semaines. Et puis à plus long terme le grand intérêt finalement de faire cette pause, c’est que derrière la pause d’un mois, on va mieux contrôler et les quantités et les moments où on va consommer. Donc c’est ça l’intérêt, c’est simplement de voir un peu quelle place tient l’alcool dans nos vies.
Et vous avez justement remarqué que les personnes qui font la tournée minérale se posent la question et adaptent un peu leur comportement presque naturellement après.
Oui, tout à fait. Alors l’étude dont on dispose, qui a été menée par l’université de Gand, met en avant que les participants diminuent en moyenne de 20 % leur consommation six mois après tournée minérale. Donc c’est un effet à long terme. Et on est en train de refaire une grande étude où on va suivre 5.000 personnes qui font la tournée minérale pendant deux ans pour voir justement comment évolue leur consommation aussi pendant ces deux ans après avoir participé.
Qu’est-ce qu’on fait quand on se rend compte qu’on n’arrive pas à faire la tournée minérale, que le rapport à l’alcool est plus compliqué que prévu ?
Il faut consulter. Il faut d’abord peut-être en parler à son médecin généraliste, et éventuellement aller voir un ou une alcoologue. Et puis, si vraiment il y a des symptômes physiques qui apparaissent après l’arrêt dans les 24 ou 48 heures, comme des sueurs importantes, des tremblements ou autre, il vaut mieux reboire un petit peu d’alcool et aller consulter rapidement. Ça veut dire qu’il y a peut-être une dépendance importante qui s’est installée et donc il faut consulter.















