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En France, Marine Le Pen a peut-être fait appel de son procès pour rien. Hier, le parquet général a requis quatre ans de prison et cinq ans d’inéligibilité contre l’ancienne patronne du Rassemblement National (RN), l‘extrême droite française. Si le jugement confirme ces réquisitions, elle ne pourra pas se présenter à la future élection présidentielle en 2027.
La question que pose la justice est simple : le RN a-t-il vécu en partie sur le dos du Parlement européen en faisant rémunérer par l’Europe plusieurs de ses membres inscrits comme assistants parlementaires à Strasbourg et Bruxelles, alors que l’organigramme du parti leur attribuait des postes au siège à Paris ?
Détournement de fonds publics
Condamnée le 31 mars 2025 avec plusieurs de ses fidèles pour détournement de fonds publics, Marine Le Pen avait donc fait appel et les réquisitions sont tombées hier mardi. L’accusation a réclamé à peu de chose près la même peine qu’en première instance. La seule différence, c’est que l’inéligibilité n’est plus assortie d’une exécution immédiate.
Aujourd’hui, ça n’a plus guère d’importance. En effet, en mars dernier, la rumeur courait qu’Emmanuel Macron, face à la crise politique, allait provoquer de nouvelles élections législatives et cette application provisoire aurait empêché Marine Le Pen d’y participer. Ces législatives ne sont plus à l’ordre du jour.
Marine Le Pen visait l’élection présidentielle
Marine Le Pen n’est pas candidate aux municipales dans six semaines et son objectif reste l’élection présidentielle dans un peu plus d’un an. Et c’est là que le bât blesse. En plus d’une forte amende, de quatre ans de prison dont un ferme accompli sous bracelet électronique, les avocats généraux ont réclamé cinq ans d’inéligibilité. Une peine qui la neutraliserait politiquement jusqu’en 2031.
Décision en juin
Ses avocats doivent encore plaider aujourd’hui et on ne connaîtra pas la décision du tribunal avant juin. Mais celle qui a déjà disputé trois présidentielles a décidé de prendre les devants. Si le tribunal suivait les réquisitions du parquet, elle n’attendrait pas l’éventuelle décision de la Cour de cassation pour mettre Jordan Bardella sur orbite.
Pourtant, la juridiction suprême s’est dite en mesure de se prononcer d’ici le début de 2027, quelques mois avant le scrutin. Réponse de Marine Le Pen : « On ne peut pas se lancer dans une présidentielle au dernier moment. Si je suis empêchée mais que la Cour de cassation me donne raison trois ou quatre mois après, il sera trop tard pour faire une campagne correcte. »
Le Pen Première ministre ?
C’est clair, ce seront les juges de la cour d’appel qui décideront. S’ils maintiennent les cinq ans d’inéligibilité, le candidat sera Bardella. S’ils l’abaissent à quelques mois, ce sera Marine Le Pen.
Cela dit, elle a peut-être déjà fait son choix et décidé de lancer son poulain dans la bataille. Certains sondages le placent devant sa cheffe, alors pourquoi pas ? S’il était élu, il pourrait toujours la nommer Première ministre, et là, il n’y a pas d’inéligibilité.















