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Ils sont venus malgré la pluie : près de 250.000 partisans du fils du chah déchu, Reza Pahlavi, se sont rassemblés à Munich (sud de l’Allemagne), en marge de la Conférence sur la sécurité. Agitant des drapeaux à bandes horizontales verte, blanche et rouge avec un lion et un soleil, bannière de l’Iran impérial remplacée après la révolution islamique de 1979, ils ont acclamé Pahlavi, figure de l’opposition iranienne en exil.
La foule, comptabilisée par la police, a dépassé toutes les attentes : les participants étaient au pic de la manifestation plus du double du nombre attendu par l’association organisatrice, The Munich Circle. « Je suis ici pour garantir une transition vers un avenir démocratique et laïque », a lancé celui qui décrit les événements actuels comme « la révolution du lion et du soleil ».
« Je m’engage à être le leader de la transition » vers un « processus démocratique et transparent, à travers les urnes », a-t-il martelé lors de cette manifestation en marge de la conférence de Munich, considérée comme le Davos de la Défense, qui réunit jusqu’à dimanche des dirigeants mondiaux.
Dans une ambiance pacifique, ces partisans l’ont écouté, réunis sur la Theresienwiese, une immense place qui accueille chaque année l’Oktoberfest, considérée comme la plus grande fête foraine du monde.
Roses et tulipes
Venus dénoncer la répression sanglante qui a étouffé une vaste vague de contestation en Iran depuis fin décembre, de nombreux exilés iraniens ont offert des tulipes et des roses aux policiers.
« Lorsqu’un gouvernement tue son peuple dans la rue, il n’est pas digne de confiance », a témoigné Razieh Shahverdi, une Iranienne de 34 ans, employée dans le marketing, venue exprès de Paris pour manifester.
Ce régime n’est pas notre choix
« Nous devons dire aux autres peuples du monde que ce régime n’est pas notre choix », a expliqué Maryam Merabolhassani, une étudiante iranienne de 25 ans qui vit désormais en Allemagne. Ses parents, restés dans son pays, ont eux aussi tenté de faire entendre leur voix, malgré le danger de la répression, a-t-elle raconté.
« Reza II »
Certains manifestants de ce rassemblement affichaient le portrait du fils exilé du chah déchu, et scandaient des slogans tels que « Javid Shah » (vive le chah), « Pahlavi bar migarde » (Pahlavi revient) et « Reza II ».
Pour Riana, une médecin de 40 ans vivant en Allemagne, qui préfère taire son nom pour sa sécurité, Reza Pahlavi est « la meilleure option pour notre pays car nous connaissons la famille Pahlavi ». Ces derniers jours, Reza Pahlavi a multiplié les appels à la mobilisation, en Iran comme à l’étranger, contre la République islamique.
Plusieurs des manifestants ont dénoncé les négociations menées par les Etats-Unis avec le gouvernement iranien, dénonçant l’absence de légitimité de ce dernier.
Héritier du trône du chah d’Iran, Reza Pahlavi, 65 ans, vit en exil aux États-Unis depuis la révolution de 1979 qui a renversé son père. Lors de son discours à la MSC samedi matin, il a appelé le président américain Donald Trump à « aider » le peuple iranien, jugeant qu’il était « temps d’en finir avec la République islamique ».
Des rassemblements pour appeler à une action internationale contre Téhéran étaient aussi prévus samedi à Toronto et à Los Angeles.
La semaine dernière, quelque 10.000 personnes s’étaient déjà rassemblées à Berlin selon la police allemande, répondant à l’appel du Conseil national de la Résistance iranienne, vitrine politique du groupe d’opposition en exil Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI ou MEK), considéré comme « terroriste » par Téhéran.
















