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Donald Trump a exposé il y a deux semaines un plan pour réduire le coût de la santé, un sujet crucial dans la campagne pour les élections législatives de mi-mandat et un point faible politique pour le président américain. Assez vague, ce plan contient cependant trois grands objectifs.
- Faire baisser le prix des médicaments, particulièrement élevés aux États-Unis par rapport aux autres pays développés
- Exiger une plus grande transparence de la part des compagnies d’assurances concernant leurs tarifs, leurs profits, etc.
- Transférer les subventions publiques des assureurs aux assurés : le gouvernement ne financerait plus les assurances mais bien les citoyens pour qu’ils choisissent eux-mêmes leur couverture sociale
Il s’agit d’un système très différent de l’Obamacare, puisqu’avec celui-ci, le gouvernement finançait les assurances pour qu’elles octroient des primes aux citoyens. La santé était vue comme un droit à garantir par l’État et le gouvernement obligeait les assureurs à couvrir tout le monde.
La santé redevient un produit comme un autre sur le marché
Dans le système de Trump, la santé est vue comme un marché où la concurrence est censée faire baisser les prix et le gouvernement intervient peu. Dans les faits, les citoyens à bas revenus devront payer leur assurance plus cher, les plus riches, par contre, paieront moins.
Les chiffres le démontrent déjà, avec l’expiration le 31 décembre de subventions Obamacare, des millions d’Américains ont vu leurs primes d’assurance exploser. Selon les données fédérales, près d’1,5 million d’entre eux ont décidé de ne pas renouveler pour 2026 leur couverture via l’Obamacare, les laissant pour certains sans assurance.
Les assurances pourraient aussi refuser d’assurer certains citoyens ou certains soins comme les soins pour les personnes transgenres.
Un système pourtant plus coûteux et moins performant que l’assurance universelle
Pour bien comprendre, faisons un parallèle avec le système belge. Notre système se rapproche plus de l’Obamacare puisqu’en Belgique, tout le monde doit avoir une mutuelle et les mutuelles doivent accepter tout le monde. Chez nous, tout le monde cotise selon ses revenus et tout le monde reçoit la même couverture.
Aux États-Unis, les gens achètent une assurance privée et l’état subventionne avec des primes les personnes modestes mais cela reste donc cher. Et avec le plan de Trump, chacun sera libre de payer ce qu’il veut. L’État n’aidera plus financièrement le citoyen, avec le risque, donc, pour les plus pauvres d’être moins protégés.
Les États-Unis, qui n’ont pas d’assurance-santé publique universelle comparable à ce qui se pratique en Europe, dépensent pourtant plus pour leur système de soins que les autres pays développés de l’Organisation de coopération et de développement économiques, tout en se classant moins bien sur de nombreux indicateurs. Selon les derniers pointages de l’OCDE, la première puissance mondiale dépense plus de 17 % de son Produit intérieur brut pour la santé, contre une moyenne de 9 % environ pour les autres pays développés. L’espérance de vie y est de 78,4 ans, soit 2,7 années de moins que la moyenne de l’OCDE.















