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Selon Het Laatste Nieuws, le Centre flamand de signalement des comportements inappropriés fait face à un afflux d’appels depuis la publication des premiers témoignages dans la presse. Alors qu’une dizaine de plaintes avaient été enregistrées en début de semaine, leur nombre serait désormais proche de la trentaine.
L’Agence de la Justice et du Maintien (Agentschap Justitie en Handhaving) a même dû ouvrir une seconde ligne téléphonique afin de répondre aux signalements de nombreuses femmes se disant victimes. Leur nombre exact n’est toutefois par encore connu, mais l’Agence dit « prendre cela très au sérieux ». « Nous avons reçu des dizaines de signalements par email ce matin et d’ailleurs, le téléphone n’arrête pas de sonner », indique Liesbeth Wyseur, porte-parole de l’agence.
De nouveaux témoignages émergent
Fabiana était l’une des patientes du gynécologue. Il y a six ans, lors d’une consultation. L’homme d’une soixantaine d’années s’allonge à ses côtés durant quelques instants, avec des remarques et des gestes inappropriés. « Il me demande de me coucher sur le petit lit de consultation, nous raconte-t-elle. Il se couche à côté de moi, se met sur le côté et caresse mon ventre en disant ‘On va faire le nécessaire, on va faire la nécessaire, on va faire la nécessaire’. Et moi, j’étais. Je suis restée paralysée parce que... c’est pas normal ».
Parmi celles qui ont décidé de parler figure Febe, aujourd’hui âgée de 22 ans. Elle raconte à Het Laatste Nieuws avoir subi, à 16 ans, une intervention qui l’a profondément marquée : « On a découvert une tumeur qu’il valait mieux retirer chirurgicalement. Mais dès le début de l’intervention, il m’a ligotée, à moitié nue, par le torse, les jambes, les épaules et les bras alors que ce n’était qu’une anesthésie locale ».
La jeune femme poursuit : « À peine attachée, quatre étudiants en gynécologie sont entrés brusquement dans la pièce. Ils se sont regroupés autour de moi pour observer l’intervention. Je n’étais absolument pas au courant et j’ai immédiatement protesté. J’ai clairement indiqué que je ne voulais pas que l’intervention se déroule ainsi. Mais le médecin m’a sèchement rétorqué : ‘Arrêtez votre cinéma’, et il m’a administré une anesthésie sur-le-champ. J’ai passé toute l’intervention à fixer le plafond, en pleurant. Je me sentais violée et utilisée. »
Un « déclic »
La jeune femme explique également être restée silencieuse pendant toutes ces années en raison de la réputation du médecin, notamment auprès de son entourage. Elle craignait de ne pas être crue. Les témoignages relayés dans la presse ont été un véritable « déclic » pour elle, la convainquant de s’exprimer.
D’autres patientes évoquent des gestes déplacés ou des remarques sexualisées. C’est le cas de Sofie, 40 ans, qui décrit notamment une tape sur les fesses et des insinuations sur sa vie intime. Une troisième femme, Nele Melbeke, a expliqué sur le plateau de VTW Nieuws qu’elle recevait elle aussi systématiquement une claque sur les fesses à la fin de ses examens gynécologiques, un comportement qu’elle qualifie de « très étrange, très désagréable et inapproprié ».
Plainte groupée
Le médecin, âgé d’une soixantaine d’années, a été suspendu de ses activités dans les hôpitaux où il intervenait, notamment à l’hôpital universitaire d’Anvers et au RZ Heilig Hartziekenhuis de Tirlemont.
Certaines victimes envisagent aujourd’hui de déposer une plainte groupée, accompagnées par l’Agence de la Justice et du Maintien. Le parquet de Louvain n’ouvrira toutefois une enquête que lorsqu’une plainte formelle sera enregistrée.
Par la voix de son avocate, G.D. rejette toutes les accusations. Il assure avoir toujours exercé « avec professionnalisme » et se dit « choqué » par les témoignages relayés dans la presse. Il affirme également être disposé à dialoguer avec d’éventuelles patientes se disant blessées par leur expérience.


















