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« L’armoire fermée à clé a été fracturée » : Muriel dénonce le vol de son GSM dans sa chambre d’hôpital pendant son opération

Après son opération dans un hôpital bruxellois, Muriel découvre le vol de son GSM et d’argent liquide, laissés dans l’armoire verrouillée de sa chambre. Elle dénonce le refus d’indemnisation et le manque de sécurité. De son côté, l’hôpital assure n’avoir commis aucune négligence.

« Je trouve inadmissible de devoir payer moi-même pour un vol commis dans un lieu de confiance », déplore Muriel via notre bouton orange Alertez-nous. Cette habitante de Jemeppe-sur-Sambre, en province de Namur, s’interroge sur la sécurité dans nos hôpitaux.

Il y a près d’un an, cette femme âgée de 59 ans est hospitalisée aux Cliniques universitaires Saint-Luc à Bruxelles. « J’étais dans une chambre individuelle. J’avais mon GSM et une trousse avec un peu d’argent liquide, environ 50 euros », précise Muriel. Avant de partir au bloc opératoire, la quinquagénaire demande de ranger son téléphone et sa trousse dans l’armoire de sa chambre. « L’armoire a été fermée à clé et le brancardier a remis la clé aux infirmières. »

Environ six heures plus tard, une fois l’intervention chirurgicale terminée, Muriel revient dans sa chambre. « Je sortais de l’opération, j’étais encore dans le gaz. Quand je suis remontée, on m’a dit que l’armoire avait été forcée. Elle présentait des traces d’effraction », confie l’habitante de Jemeppe-sur-Sambre. « Mon GSM et mes 50 euros n’étaient plus là. Mon téléphone, quasi neuf, avait une valeur de 499 euros. »

D’après la quinquagénaire, le personnel soignant ne semble pas étonné par la situation. « Les infirmières m’ont dit que ce n’était pas la première fois », assure Muriel.

Un système de rondes et des caméras de surveillance

Pourtant, le porte-parole des Cliniques Saint-Luc affirme que les « faits de vol restent heureusement peu courants » au sein de l’établissement. « Pour prévenir ce type de fait, notre service de gardiennage travaille en collaboration avec la police de la zone Montgomery : présence d’une antenne de police sur site, accès facilité au sein de l’institution, transmission et traitement des rapports », énumère Sylvain Bayet. Selon le porte-parole, un système de rondes a également été mis en place au sein de l’hôpital et des caméras ont été installées dans certaines zones.

Suite à ce vol, la patiente décide de porter plainte directement auprès de la police. La quinquagénaire contacte également le service de gardiennage de l’hôpital. « Mais ils m’ont assuré que les images des caméras ne sont pas probantes. »

Espérant pouvoir être indemnisée, elle introduit également une demande auprès de l’assurance de l’hôpital. « Au bout de six mois et de nombreux mails sans réponse, il m’a été confirmé qu’ils refusaient d’intervenir », regrette-t-elle.

Aucun manquement ou faute n’est identifié

« La police responsabilité civile exclut expressément la couverture pour les objets précieux, l’argent liquide et les bijoux, sauf dépôt dans un coffre avec preuve écrite, ce qui n’était pas le cas », lui répond par mail l’organisme assureur soulignant qu’ « aucun manquement ou faute » n’est identifié. Un refus d’indemnisation confirmé par le porte-parole de l’hôpital.

« On ne m’a jamais proposé de mettre mon GSM dans un coffre avec un reçu. Si on me l’avait proposé, je l’aurais fait », déplore Muriel.

Le porte-parole des Cliniques Saint-Luc rappelle que tous les patients sont informés à ce sujet avant leur arrivée. « Le carnet d’hospitalisation, distribué à chaque patient avant une hospitalisation, mais également le site internet des Cliniques Saint-Luc déconseillent fortement aux personnes hospitalisées d’emporter des objets de valeur ou de l’argent liquide dans les chambres », souligne Sylvain Bayet. Sur le site, il est clairement indiqué que l’hôpital décline toute responsabilité « en cas de perte ou de vol d’objets ou de valeurs non déposés dans le coffre » mis à disposition gratuitement.

La perte est surtout émotionnelle

Pour Muriel, la communication n’est pas optimale. « Je ne suis certainement pas la seule dans le cas. » Au-delà de l’aspect financier, elle déplore surtout la perte de souvenirs irremplaçables. « La perte est surtout émotionnelle. Il y avait des dizaines de photos de mes petits-enfants que je ne récupérerai jamais. C’est un traumatisme psychologique », regrette-t-elle.

Depuis quelques années, le nombre de vols et extorsions commis dans les hôpitaux et enregistré par la police fédérale est relativement stable. Les dernières statistiques en la matière montrent une évolution sur cinq ans entre 2020 et 2024. Ainsi, en 2024, 1.066 vols ont été enregistrés contre 1.228 en 2023 et 1.059 en 2022.

Il s’agit évidemment des vols déclarés auprès des services de police. Certains faits ne sont pas signalés par les victimes et ne sont dès lors pas comptabilisés.

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