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Les auteurs de cyber harcèlement sont souvent des proches de la victime: "Ce lien est un vecteur pour être agressé"

Une victime de cyber harcèlement sur deux connait ses persécuteurs en ligne, révèle un sondage publié mardi par Microsoft à l'occasion de la "Journée internationale pour un internet plus sûr". Reportage de Benjamin Samyn et Pascal Noriega.

L’enquête menée par Microsoft en Belgique et dans 22 pays révèle des statistiques éclairantes sur la problématique : près de 50% des victimes connaissent leur cyber harceleur et dans plus d’un cas sur quatre, ils sont même issus de la famille ou du cercle d’amis. Les conséquences sont alors deux fois plus graves que lorsque le harcèlement est anonyme.

"On n’est pas en position de méfiance. Il y a une proximité préalable qui est un vecteur magnifique pour être agressée ou harcelée", explique Isabelle Poreye, thérapeute et consultante spécialisée en matière de troubles anxieux. Un peu plus de 60% de ses victimes déclarent avoir perdu confiance dans les autres à la fois en ligne et hors ligne, entre autres conséquences.

"Il y a une forme de viol là-dedans, un repli sur soi, une désocialisation, le refus de dire, la honte éventuellement aussi parce que bien souvent la personne se confond avec sa victime, un espèce de syndrome de Stockholm cybernétique", ajoute la thérapeute.


Quelle réponse pénale pour les auteurs ?

Les victimes ont du mal à exprimer leurs souffrances d’abord, à déposer plainte ensuite. Pourtant à Bruxelles, par exemple, c’est une des priorités du parquet.

"Chaque fois qu’on est informé d’un tel fait, il y a une réponse pénale par rapport à l’auteur de ce type de harcèlement", affirme Denis Goeman, substitut du procureur du roi. "Ça va jusqu'à une privation de liberté et même, pour certains jeunes, un placement en IPPJ fermé, une réponse très stricte par rapport aux auteurs", ajoute-t-il. 

Les victimes mineures peuvent bénéficier de mesures protectionnelles. D’après cette étude menée auprès de 500 Belges, un internaute sur deux a déjà reçu des sollicitations non désirées ou intimidantes via internet.


"Avec le numérique, c’est permanent"

Olivier Bogaert était sur le plateau du RTLINFO 13H pour expliquer le rôle de la Computer Crime Unit dans la lutte contre le phénomène de harcèlement. "Si le magistrat estime que nous devons intervenir, on doit essayer de collecter les données techniques, de remonter vers les auteurs et de certifier les auteurs par rapport à ce harcèlement", explique le commissaire.

"Les générations antérieures ont subi parfois de la moquerie et du harcèlement mais, se retrouvant à la maison, pouvaient prendre une pause. Là avec le numérique, c’est permanent, c’est continu", analyse-t-il. D’où l’importance d’identifier une personne de confiance dans son entourage, qui pourra faire le relais vers l’école et, le cas échéant, vers les autorités pour déposer plainte.

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