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« Accompagner sans prendre trop de place » : ces immenses stars du cinéma… qui n’en sont pas vraiment

par RTL info avec Emmanuel Dupond, Alexandre D’Haeseleer, Guillaume Bruwier et Regjep Ahmetaj
Dans le cinéma, on parle souvent des acteurs, des metteurs en scène, et un peu moins des compositeurs de musique de films. Et pourtant, certaines bandes originales sont devenues populaires, parfois même plus que les films. Gros plan sur ces musiques qui nous font vibrer, même en dehors des salles de cinéma.

Vous connaissez sûrement la musique et la voix qui accompagnent le film Gladiator, sorti il y a 25 ans, un tube signé Hans Zimmer. Gladiator, c’est l’histoire d’un Spartacus des temps modernes, dont la musique est devenue aussi célèbre que le film. Nominée aux Oscars, primée aux Golden Globes, La bande originale de Gladiator se vend à 3 millions d’exemplaires et entre dans la mémoire collective.

« On est dans de l’épique, on est dans du grand spectacle, on est dans Hollywood. On démarre sur un super drame, avec la femme et le gosse qui se font tuer et puis cette main dans les blés où il va les rejoindre. C’est une musique qui s’adresse à l’au-delà. C’est pour ça que ça nous parle. Et puis ça se passe dans la Rome antique avec cette voix incroyable d’Elisa Gerard qui évoque tellement de choses », raconte André Manoukian, auteur-compositeur français.

Le succès d’Hans Zimmer

Le compositeur derrière Gladiator est allemand, il s’appelle Hans Zimmer. Ce dernier est considéré par ses fans comme le « pape » de la musique de films. Top Gun, Dune, le roi Lion, Interstellar : c’est lui. « Les films qu’il a composés sont vraiment sublimes. Depuis tout petit, j’ai cette passion pour ce compositeur-là particulièrement », confie Anthony Lebon, musicien et grand fan d’Hans Zimmer.

Depuis quelques années, le célèbre compositeur se produit sur scène un peu partout dans le monde, comme ici à Bruxelles il y a quelques jours.

Les musiques de film ont la côte : Anthony Lebon fait aussi partie de l’orchestre bruxellois de musiques de film (Brussels Film Orchestra) crée en 2021 par des musiciens amateurs. À l’époque, ils étaient une trentaine. Aujourd’hui, ils sont plus de 60 : « C’est un orchestre vraiment tout jeune. On grandit petit à petit », explique Anthony.

Lydwine Thibaut a cofondé le Brussels Film Orchestra : « J’ai l’impression que ça touche beaucoup de gens parce que c’est très populaire. On a tous des références, des souvenirs de cinéma. À la différence de la musique classique, qui est peut-être plus réservée à une élite ou peut-être qu’il y a plus de distance avec M. et Mme Tout-le-Monde ».

Les ingrédients d’une bonne musique de film

Mais alors c’est quoi, une bonne musique de film ? Selon Marie Goffaux, saxophoniste alto au sein de l’orchestre, « C’est une musique qui accompagne le film sans l’écraser pour autant. Qui accompagne le scénario mais sans prendre trop de place ».

Entre le réalisateur et le compositeur, c’est parfois un bras de fer. L’arrangeur et célèbre chef d’orchestre italien Ennio Morricone aurait souvent été tenté d’abandonner son métier. « C’est le métier le plus humiliant du monde, disait-il. Parce que votre musique est au service de l’image d’un metteur en scène qui ne juge votre musique que si elle sert ou elle ne sert pas son propos. Donc vous êtes sans arrêt en train d’ajuster, en train de lutter. Et puis tout d’un coup le metteur en scène peut vous dire ‘attends ton thème là il est beau, mais maintenant il remplace le récit’ », explique André Manoukian.

Si ça marche sans musique c’est que vous faites du vrai cinéma

La musique est-elle indispensable, au cinéma ? Pour certains metteurs en scène, comme les frères Dardenne elle est superflue : « En tant que cinéaste on s’intéresse vraiment, vraiment, mais vraiment à nos personnages. » Selon André Manoukian, cette tendance de la musique de film « vient de l’école française, de la nouvelle vague. Avant, on vous disait : ‘si vous avez besoin d’une musique pour que votre scène marche c’est que votre scène est faible. Si ça marche sans musique c’est que vous faites du vrai cinéma’. »

Si la musique peut devenir la signature d’un film, elle peut donc surtout vivre en dehors des salles obscures. D’ailleurs, le Brussels Film Orchestra sera en concert ce dimanche à Woluwe, Hans Zimmer quant à lui sera de retour en Belgique en mars prochain.

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