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« On oublie qu’on est en prison pendant un moment » : des détenus de la prison de Haren exposent leurs oeuvres au musée de la photographie

par RTL info avec Marc Demoustiez
Le Musée de la photographie de Charleroi accueille une exposition pas comme les autres. Les auteurs des photos présentées sont des détenus de la prison de Haren. Ils ont illustré leur quotidien en détention et ont pu visiter eux-mêmes l’exposition lors d’une sortie.

Une image qui est tout un symbole pour Morad, qui a suivi avec dix autres détenus cette formation à la photographie numérique. Il a préféré garder l’anonymat. « On voit des avions qui passent de part et d’autre. On a tous dans la tête des idées de voyages, de photos, confie-t-il. C’est représentatif de la liberté, de l’enfermement, d’un mélange des deux. »

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À travers ces photos, les détenus se dévoilent et évoquent à leur manière leur univers, mais surtout leur espoir. Abdel, lui, a travaillé sur l’affiche de l’exposition.

« Le monde carcéral fait un peu grisonnant. C’est quelqu’un qui peut réfléchir, qui pense à sa liberté », explique-t-il.

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Les photos sélectionnées pour cette exposition sont essentiellement des portraits. Une formation à la photographie qui est devenue pour eux beaucoup plus qu’une simple occupation.

Abdel raconte qu’« en faisant des photos, on s’évade, on rigole, on passe à autre chose ». « En même temps, on apprend, on oublie qu’on est en prison pendant un certain moment », précise-t-il.

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Amandine Jansen, chargée de projet au service laïque d’aide aux justiciables et aux victimes : « C’est quelque chose de déjà très thérapeutique pour eux. Un détenu l’avait dit d’ailleurs lui-même, que ça lui apportait cette espèce de souffle et de thérapie, parce qu’ils arrivent à s’exprimer différemment. Ça développe leur créativité, ça leur donne une image d’eux-mêmes qui est beaucoup plus valorisante. »

C’est vraiment un échange.

En s’initiant à la photographie numérique, ils ont appris à manipuler un appareil photo comme des professionnels, à jouer avec la lumière, les effets, et à faire preuve de créativité tout en restant en prison. Un cadre de travail très différent, mais aussi très enrichissant pour leurs professeurs.

Anne-Flore Mary, professeure de photographie à l’école Agnès Varda, a le sentiment d’ « apporter une bulle d’air » : « Pour eux c’est hyper important. Et c’est vraiment un échange. Rien que de les voir contents, ça donne du sens à mon métier ».

Cette exposition est pour eux l’aboutissement de leur formation, un premier pas vers une réinsertion dans la société.

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