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Lorsqu’un nouveau patient arrive, les médecins oto-rhino-laryngologistes, dits ORL, posent d’abord des questions pour tenter, in fine, de poser un diagnostic. Christophe Van Geem, médecin ORL invité du RTL info 13h ce jeudi, détaille sa méthode de travail. Tout d’abord, « je pose souvent des questions sur les facteurs de risque. Il y a le poids, la consommation de tabac, d’alcool », explique-t-il.
« Je demande aussi si ça a un impact sur la qualité de vie du ronfleur ou du conjoint », ajoute-t-il, car « j’aime bien toujours essayer de déterminer si je dois traiter un ronfleur ou bien le partenaire, ce qui est parfois un petit peu différent… On peut avoir des personnes qui ronflent très peu mais dont le partenaire est très sensible. J’essaie de déterminer ça en consultation avec les questions qui vont avec le sommeil aussi. Est-ce qu’il y a de la fatigue ? Est-ce qu’il y a de la somnolence diurne ? Est-ce qu’on a tendance à piquer du nez, comme on dit, durant l’après-midi ? Est-ce que le sommeil est de mauvaise qualité ? »
Le ronflement sain est bénin
Grâce aux réponses, le médecin ORL est mieux armé pour poser un diagnostic, ce qui peut être le début d’examens complémentaires. Premièrement, il faut pouvoir « exclure les apnées du sommeil », explique le Dr Van Geem. Car si le ronflement sain est « un problème bénin pour le ronfleur » qui constitue « surtout un problème social », l’apnée du sommeil, elle, est plus grave. « Ensuite, il y a certains examens », que le patient peut faire. « On parle d’endoscopies du sommeil, qui permettent de voir quels sont les facteurs, quels sont les organes qui sont responsables des ronflements, et proposer un traitement. »
Que penser des bons plans trouvés sur les réseaux ?
Parmi ceux-ci existent ces ustensiles qui écartent les narines, trouvables en pharmacie. « Je le propose parfois », admet le médecin, « j’appelle ça même le test nasal. Je propose ça à des patients qui ont une anatomie nasale qui est un petit peu différente, avec des déviations de la cloison nasale ou autres, par exemple. Dans ce cas-là, on peut proposer un traitement dilatateur qui permet souvent de mieux respirer par le nez. C’est un petit peu la clé aussi. Mieux respirer par le nez et dès lors moins ronfler. »
Mais il ne s’agit pas du traitement miracle pour tous, loin de là, tout comme les techniques trouvées sur internet ou vantées sur les réseaux sociaux. « Parfois, tout n’est pas à jeter au niveau des réseaux sociaux. Je pense simplement que ça doit être évalué. Ce n’est pas le « one size fits all ». Ça ne va pas répondre à tous les besoins de toute la population, mais ça vaut le coup d’en discuter et d’écarter ou d’affirmer certaines pistes », concède le spécialiste.
Qui sont les plus touchés ?
Enfin, il détaille les profils les plus à risque : « Les hommes ronflent plus, en tout cas avant la ménopause » chez les femmes, explique-t-il, car « il y a un certain effet protecteur chez les femmes par rapport aux hormones. » Les autres personnes à risque sont « les personnes en surpoids, les personnes qui consomment de l’alcool, on sait que lorsqu’on boit un verre, on a tendance à un petit peu plus ronfler. » Il faut ajouter à cela des facteurs extérieurs comme « la fatigue, la position dans le lit, notamment lorsqu’on est couché sur le dos. Certains médicaments qui ont un effet sédatif, qui vont modifier certaines phases de sommeil, peuvent avoir un impact sur le ronflement » également.
Enfin, dernier point qui ne rend pas tout le monde égal face au ronflement : « notre anatomie. Est-ce qu’on va avoir des facteurs obstructifs au niveau du nez, au niveau de la gorge, par exemple de la graisse au niveau du cou ? Ce sont tous des facteurs qui peuvent influencer les voies respiratoires et dès lors les ronflements. »


















