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À Mons, une commerçante indignée publie sur Facebook une photo très claire: une personne défèque devant son salon de coiffure. La publication, massivement partagée, suscite de vives réactions. Face à la polémique, le bourgmestre socialiste Nicolas Martin réagit.
Accroupie, le pantalon baissé, une personne est photographiée faisant ses besoins en pleine rue à Mons. "Je n’en peux plus de rester silencieuse face à ce qui se passe devant mon salon de coiffure", réagit Christelle sur Facebook. Images à l'appui, la commerçante dénonce une situation devenue "invivable" : "Des marginaux squattent la rue, et certains vont jusqu’à faire leurs besoins en pleine journée devant nos commerces", décrit-elle.
Nous demandons des actions concrètes et rapides pour régler ce problème ! La situation ne peut plus durer
Christelle appelle donc les autorités à réagir : "La police est absente, et nous, commerçants, sommes abandonnés. Cette insécurité nuit gravement à notre activité, décourage les clients de revenir et ternit l’image de tout le quartier. Nous demandons des actions concrètes et rapides pour régler ce problème ! La situation ne peut plus durer".
Cette publication a rapidement récolté de nombreuses réactions de Montois et a été partagée de nombreuses fois.
Déféquer en rue est totalement inacceptable
La réaction du bourgmestre Nicolas Martin n'a pas tardé. "Quelle que soit la réalité sociale des personnes concernées par les faits, rien ne peut justifier ou excuser un tel comportement. Déféquer en rue, alors qu’il existe des toilettes publiques, des services sociaux et des lieux d’accueil pour les personnes qui en ont besoin, est totalement inacceptable et ne peut en aucun cas être toléré", réagit le socialiste.
Une mesure déjà prise
Une mesure a d'ores et déjà été prise face à cette situation précise. "Le Bourgmestre a demandé qu’un arrêté d’interdiction de lieu soit pris à l’encontre de cette personne pour le centre-ville montois". La personne concernée a déjà été identifiée ce lundi, "elle sera appréhendée par la police afin de lui signaler l’arrêté qui la vise". Elle pourrait être placée en observation en vue d'un possible internement.
Toutefois, le communiqué du cabinet du bourgmestre rappelle, en majuscules et en gras, que "cette prérogative ne revient pas au bourgmestre, mais aux autorités judiciaires". C'est pour cette raison que le parquet du Procureur du Roi sera saisi en ce sens.
il y a des lois dans ce pays et qu’un Bourgmestre ou un collège communal n’a pas tout pouvoir en Belgique.
Le bourgmestre se montre ferme : "Les personnes qui s’expriment en nombre sur les réseaux sociaux et qui, de manière assez surréaliste, s’attendaient à voir le Bourgmestre surgir de chez lui pour empêcher la personne de déféquer et lui faire sa toilette, peuvent donc se rappeler qu’il y a des lois dans ce pays et qu’un Bourgmestre ou un collège communal n’a pas tout pouvoir en Belgique. En l’occurrence, la libre circulation des individus qui ont ce type de profil ne relève évidemment pas de l’autorité communale".
Nicolas Martin manifeste "son ras-le-bol face aux comportements inciviques et à celui de nombreuses personnes marginalisées" et appelle donc, à nouveau, au gouvernement fédéral un cadre légal pour gérer ce type de situation à l'échelon local.